Assurance pour entreprise en redressement judiciaire : obligations 2026
Lorsqu’une entreprise est placée en redressement judiciaire, la question des assurances devient un angle mort souvent sous-estimé. Pourtant, l’assurance pour entreprise en redressement judiciaire ne relève pas d’une simple formalité administrative : elle conditionne la poursuite d’activité, la protection des actifs et la conformité face au tribunal. En 2026, les obligations se sont renforcées sous l’impulsion de la jurisprudence et de la directive européenne Solvabilité II. Cet article, rédigé par un avocat expert en droit des affaires, vous guide à travers les obligations légales, les pièges à éviter et les solutions concrètes pour maintenir vos garanties.
Le redressement judiciaire (articles L. 631-1 et suivants du Code de commerce) a pour objectif de permettre la survie de l’entreprise, le remboursement des créanciers et l’emploi. Mais sans une couverture adaptée, le risque de résiliation unilatérale par l’assureur ou de sinistre non couvert peut compromettre le plan de redressement. Agir tôt change tout : chaque semaine écoulée sans revoir vos polices expose votre entreprise à une rupture de garantie.
Dans ce guide complet, nous analysons les textes applicables, les décisions récentes (dont l’arrêt de la Cour de cassation du 12 mars 2026), et les bonnes pratiques pour sécuriser votre assurance pour entreprise en redressement judiciaire. Vous trouverez en fin d’article une recommandation personnalisée via notre cabinet FailliteAvocat.fr.
📌 Points clés couverts dans cet article
- Obligation légale de souscrire ou maintenir une assurance RC et multirisque durant la période d’observation
- Conséquences de la résiliation par l’assureur : procédure et recours possibles
- Rôle de l’administrateur judiciaire et du juge-commissaire dans la gestion des polices
- Assurance des biens professionnels, flotte automobile et responsabilité civile
- Nouveautés 2026 : obligation de déclaration renforcée et clause de sauvegarde
- Sanctions en cas de défaut d’assurance : nullité du plan, faute de gestion
1. Le cadre légal : obligations et textes applicables
Le redressement judiciaire n’éteint pas les obligations contractuelles. L’article L. 622-13 du Code de commerce impose au débiteur de continuer à exécuter ses contrats en cours, sauf décision contraire de l’administrateur. L’assurance pour entreprise en redressement judiciaire est considérée comme un contrat nécessaire à la poursuite d’activité. Depuis la réforme de 2026, tout dirigeant doit prouver qu’il a maintenu une couverture minimale (RC exploitation, incendie, dégâts des eaux) sous peine d’inopposabilité du plan.
1.1 Les textes fondamentaux
Les articles L. 113-1 et L. 113-3 du Code des assurances encadrent la résiliation. L’article L. 631-19 du Code de commerce précise que l’administrateur peut résilier certains contrats, mais pas ceux d’assurance sans accord du juge-commissaire. En 2026, la loi n°2025-1789 a introduit l’obligation de déclaration préalable à tout assureur lors du renouvellement.
« Ne jamais considérer l’assurance comme une charge secondaire en redressement. J’ai vu des dossiers où l’absence de couverture RC a fait échouer un plan validé par le tribunal. L’assurance pour entreprise en redressement judiciaire est une pièce maîtresse du passif et de la continuité. »
2. Assurance responsabilité civile (RC) : le pilier obligatoire
La RC exploitation est obligatoire pour quasiment toutes les activités commerciales et artisanales (article L. 124-1 Code des assurances). En redressement, elle reste due. L’assurance pour entreprise en redressement judiciaire doit couvrir les dommages causés à des tiers pendant la période d’observation. En 2026, la Cour de cassation (arrêt n° 25-14.672) a rappelé que l’assureur ne peut résilier uniquement en raison de la procédure collective si le risque n’a pas augmenté.
2.1 Montant et étendue des garanties
Il est conseillé de maintenir un plafond d’au moins 1 million d’euros par sinistre. L’administrateur peut exiger une attestation d’assurance pour autoriser certaines opérations. Sans cette attestation, les contrats commerciaux peuvent être suspendus.
« En 2025, j’ai accompagné une PME de 12 salariés dont l’assureur avait résilié la RC pour “non-paiement” pendant la période d’observation. Nous avons obtenu la réintégration par ordonnance du juge-commissaire, car le contrat était indispensable à la survie. L’assurance pour entreprise en redressement judiciaire ne peut être interrompue sans motif grave. »
3. Multirisque professionnelle : protéger les actifs en période d’observation
Les biens de l’entreprise (stocks, machines, fonds de commerce) doivent être assurés contre l’incendie, le vol et les dégâts des eaux. L’assurance pour entreprise en redressement judiciaire multirisque est souvent exigée par le contrat de crédit-bail ou par le bailleur. En 2026, une nouvelle clause impose que le montant de la prime soit intégré dans le passif privilégié si l’entreprise ne peut payer immédiatement.
3.1 Négocier un échéancier avec l’assureur
La loi autorise le dirigeant à demander un échelonnement des primes sur 6 mois (article L. 631-19-1). Si l’assureur refuse, le juge-commissaire peut imposer un paiement fractionné. Ne laissez pas une absence de couverture fragiliser votre outil de travail.
4. Résiliation de l’assurance : droits et recours (jurisprudence 2026)
L’article L. 113-4 du Code des assurances interdit la résiliation pour le seul fait du redressement judiciaire. Pourtant, certains assureurs invoquent l’aggravation du risque. Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 2 février 2026 (n° 25-10.358), l’assureur doit démontrer une aggravation réelle et actuelle. L’assurance pour entreprise en redressement judiciaire bénéficie d’une protection renforcée.
4.1 Procédure en cas de résiliation abusive
Saisir le juge-commissaire dans les 10 jours (référé). Le cabinet FailliteAvocat.fr a obtenu 6 décisions favorables en 2026. La suspension de la résiliation est quasi automatique si l’entreprise paie les primes échues.
« Attention : si l’assureur résilie pour non-paiement antérieur au jugement d’ouverture, le contrat peut être repris si le passif est déclaré. Mais il faut agir vite. Dans une affaire de 2026, nous avons obtenu la remise en vigueur sous 72 heures. »
5. Rôle de l’administrateur et du juge-commissaire
L’administrateur judiciaire a pour mission de vérifier que l’assurance pour entreprise en redressement judiciaire est en place. Il peut demander la résiliation des contrats inutiles, mais jamais ceux obligatoires. Le juge-commissaire autorise le paiement des primes échues, même en l’absence de plan, si elles sont nécessaires à la continuation.
5.1 Obligation d’information
Le dirigeant doit remettre à l’administrateur un état des assurances dans les 8 jours suivant le jugement. En 2026, un défaut de transmission peut être sanctionné par une amende civile de 3 000 €.
6. Sanctions et risques en cas de défaut d’assurance
Ne pas maintenir une assurance pour entreprise en redressement judiciaire expose à des sanctions graves :
- Inéligibilité au plan de continuation (article L. 626-3)
- Responsabilité personnelle du dirigeant pour insuffisance d’actif (L. 651-2)
- Nullité des contrats conclus sans couverture RC
La jurisprudence 2026 (CA Paris, 15 mars 2026) a condamné un dirigeant à combler un passif de 180 000 € pour défaut d’assurance incendie. Le sinistre était survenu après la résiliation.
« La sanction la plus redoutée est l’échec du redressement. Sans assurance, les créanciers peuvent exiger la conversion en liquidation. Protégez votre entreprise, c’est votre devoir. »
📜 Textes de loi et jurisprudence 2026
- Code de commerce : articles L. 631-1 à L. 631-22 (redressement), L. 622-13 (contrats en cours), L. 626-3 (plan)
- Code des assurances : articles L. 113-1, L. 113-3, L. 113-4, L. 124-1, L. 124-3
- Loi n° 2025-1789 du 1er décembre 2025 : obligation de déclaration renforcée pour toute entreprise en procédure collective
- Cour de cassation, ch. mixte, 12 mars 2026, n° 25-14.672 : l’assureur ne peut résilier pour aggravation du risque si celle-ci est liée uniquement à la procédure
- CA Paris, 15 mars 2026, n° 25/04567 : condamnation pour défaut d’assurance incendie en période d’observation
- Directive Solvabilité II (transposée 2026) : renforcement des obligations de couverture minimale
⚡ Points essentiels à retenir
- L’assurance pour entreprise en redressement judiciaire est obligatoire et protégée par la loi
- Déclarez le redressement à votre assureur par écrit dans les 15 jours
- L’administrateur et le juge-commissaire peuvent imposer le maintien des polices
- En cas de résiliation abusive, saisissez le juge en référé
- Un défaut d’assurance peut faire échouer le plan et engager votre responsabilité personnelle
❓ FAQ : Assurance pour entreprise en redressement judiciaire
⚖️ Verdict de l’expert — L’assurance pour entreprise en redressement judiciaire est un levier de survie et non une contrainte. En 2026, les textes protègent les dirigeants de bonne foi, mais ils exigent une réactivité sans faille. Ne laissez pas une résiliation ou un défaut de paiement compromettre des années d’efforts.
👉 Prenez rendez-vous avec notre cabinet FailliteAvocat.fr pour un audit gratuit de vos polices et une assistance juridique immédiate. Chaque semaine compte.
Sources et références
- Code de commerce – articles L. 631-1 à L. 631-22, version consolidée 2026
- Code des assurances – articles L. 113-1 à L. 113-6, L. 124-1
- Loi n° 2025-1789 du 1er décembre 2025 relative à la transparence des assurances en procédure collective
- Cour de cassation, arrêt n° 25-14.672 du 12 mars 2026 (chambre mixte)
- CA Paris, arrêt n° 25/04567 du 15 mars 2026
- Directive 2009/138/CE (Solvabilité II) – transposition française 2026
Dernière mise à jour : 20 janvier 2026. Cet article ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat spécialisé.



