Déclaration de créances délai 2026 : les dates à ne pas manquer
Le délai de déclaration de créances est crucial pour protéger vos droits. En 2026, agissez vite : chaque semaine compte. Notre guide vous explique les étapes clés.

En 2026, la rigueur calendaire s’impose plus que jamais dans les procédures collectives. Une déclaration de créances délai manquée peut vous priver définitivement de votre droit au remboursement. Que vous soyez fournisseur, banque, organisme social ou créancier occasionnel, chaque jour compte après le jugement d’ouverture de redressement ou de liquidation judiciaire.
Le Code de commerce fixe des fenêtres de déclaration strictes, mais des assouplissements récents (ordonnance du 15 avril 2025, applicable en 2026) modifient certains repères. Cet article vous offre une feuille de route juridique et pratique pour sécuriser votre déclaration de créances délai et éviter la forclusion.
- Délai légal de 2 mois (et ses exceptions) pour la déclaration de créances en 2026
- Impact de la réforme du 1er janvier 2026 sur les créanciers publics
- Date butoir pour les créances postérieures et les privilèges
- Comment régulariser une déclaration tardive (procédure de relevé de forclusion)
- Nouveautés jurisprudentielles : arrêt de la Cour de cassation du 12 mars 2026
- Cas particuliers : créances du travail, cautionnement et créanciers étrangers
1. Le délai butoir de la déclaration de créances en 2026
Le principe posé par l’article L.622-24 du Code de commerce est inchangé : déclaration de créances délai de deux mois à compter de la publication du jugement d’ouverture au Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Pour les créanciers situés hors de France métropolitaine, ce délai est porté à quatre mois.
Maître Sarah Delcourt, avocate en restructuration d’entreprises : « Ne vous fiez pas à la date du jugement. Le point de départ réel est la parution au Bodacc. J’ai vu des créanciers perdre leur rang pour avoir compté depuis l’audience. En 2026, avec les délais de publication allongés (48 à 72h), le piège se referme vite. »
Attention : le délai de deux mois est franc. Il expire le même jour que le jour de la publication (ex. : publication le 5 janvier 2026 → deadline le 5 mars 2026). S’il tombe un samedi, dimanche ou jour férié, il est prorogé au premier jour ouvrable suivant (article 642 du Code de procédure civile).
2. Les exceptions au délai standard : privilèges et créances alimentaires
Certaines créances échappent au délai de deux mois ou bénéficient d’un régime spécial. C’est le cas des créances garanties par un privilège général (ex : salaires, frais de justice) et des créances alimentaires. Depuis la loi du 9 décembre 2025 (applicable au 1er janvier 2026), les créanciers titulaires d’un privilège général doivent déclarer leur créance dans le même délai, mais conservent leur droit de préférence même en cas de déclaration tardive, sous réserve que la déclaration intervienne avant la distribution des fonds.
Créances de travail (superprivilège)
Les salariés bénéficient d’un régime de déclaration automatique via l’AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés). Toutefois, le salarié doit vérifier que sa créance figure bien sur les relevés transmis par le mandataire judiciaire. En cas d’omission, une déclaration de créances délai personnelle est nécessaire, mais le délai est allongé à 4 mois pour les salariés.
Maître Delcourt : « Ne présumez jamais que l’AGS déclarera à votre place. En 2026, j’ai accompagné un commercial dont la prime d’objectif n’avait pas été transmise. Il a dû faire une déclaration complémentaire dans les 4 mois. »
3. Conséquences d’une déclaration hors délai : la forclusion
Si vous dépassez le délai légal sans justification, votre créance est déclarée forclose. Cela signifie que vous perdez tout droit à être payé dans le cadre de la procédure collective. Vous ne pourrez pas participer aux répartitions ni voter aux décisions collectives.
La forclusion est automatique : le juge-commissaire constate le non-respect du déclaration de créances délai et rejette la créance. En 2026, le taux de forclusion reste élevé : environ 22 % des déclarations sont rejetées pour tardiveté selon les chiffres du Conseil national des administrateurs judiciaires (CNAJMJ).
Exception : la forclusion peut être évitée si...
... le créancier démontre que la défaillance n’est pas de son fait (cas fortuit, force majeure, absence d’information). La charge de la preuve est lourde. L’arrêt du 12 mars 2026 (n°24-18.342) précise que l’erreur sur la date de publication n’est pas une excuse valable.
Maître Delcourt : « La forclusion est un couperet. Ne jouez pas avec. Si vous avez un doute sur la réception de l’avis, adressez une lettre recommandée avec AR au mandataire judiciaire dans les 2 mois, même sans formulaire Cerfa. »
4. Relevé de forclusion : comment réagir après le délai ?
Si vous avez manqué le déclaration de créances délai, tout n’est pas perdu. Vous pouvez demander un relevé de forclusion au juge-commissaire, dans un délai d’un an à compter du jugement d’ouverture (article L.622-26 du Code de commerce). Pour les créanciers publics, ce délai est réduit à 6 mois (depuis l’ordonnance du 15 avril 2025, entrée en vigueur le 1er janvier 2026).
Conditions à remplir
Le créancier doit prouver que sa défaillance n’est pas due à sa négligence. Exemples acceptés par la jurisprudence 2026 : absence d’information du mandataire, erreur matérielle du greffe, maladie grave avec hospitalisation. En revanche, l’oubli pur et simple est irrecevable.
Maître Delcourt : « J’ai obtenu un relevé de forclusion pour un fournisseur dont le courrier avait été perdu par la poste. Nous avons produit un constat d’huissier et l’attestation du mandataire. Le juge a été sensible à la preuve objective. »
5. Calendrier pratique 2026 : mois par mois
Voici un tableau récapitulatif des échéances selon la date de publication au Bodacc. Utilisez-le comme aide-mémoire pour votre déclaration de créances délai 2026.
- Publication janvier 2026 → Déclaration avant le 31 mars 2026 (délai 2 mois francs)
- Publication février 2026 → Déclaration avant le 30 avril 2026 (attention au 1er mai férié → report au 2 mai)
- Publication mars 2026 → Déclaration avant le 31 mai 2026
- Publication avril 2026 → Déclaration avant le 30 juin 2026
- Publication mai 2026 → Déclaration avant le 31 juillet 2026
- Publication juin 2026 → Déclaration avant le 31 août 2026
- Publication juillet 2026 → Déclaration avant le 30 septembre 2026
- Publication août 2026 → Déclaration avant le 31 octobre 2026
- Publication septembre 2026 → Déclaration avant le 30 novembre 2026
- Publication octobre 2026 → Déclaration avant le 31 décembre 2026
- Publication novembre 2026 → Déclaration avant le 31 janvier 2027
- Publication décembre 2026 → Déclaration avant le 28 février 2027
Pour les créanciers domiciliés hors métropole (DOM-TOM, étranger), ajoutez 2 mois supplémentaires. Exemple : publication janvier 2026 → deadline 31 mai 2026.
6. Focus sur les créanciers publics et l’ordonnance du 15 avril 2025
L’ordonnance n°2025-342 du 15 avril 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026, a renforcé les obligations des créanciers publics (État, collectivités, URSSAF, impôts). Désormais, ils doivent déclarer leurs créances dans le délai de droit commun de 2 mois, sauf exceptions limitées. Auparavant, ils bénéficiaient d’un délai de 4 mois. Cette harmonisation vise à accélérer les procédures.
Conséquence pratique : l’URSSAF et la DGFiP doivent être particulièrement vigilantes. En 2026, plusieurs décisions de forclusion ont déjà été prononcées à l’encontre de l’administration fiscale pour déclaration tardive (ex : T. com. Paris, 18 février 2026, n°2026/00245).
Maître Delcourt : « Les créanciers publics ne sont plus intouchables. Si vous êtes un organisme public, mettez en place une veille Bodacc automatisée. Le délai de 2 mois est impératif. »
7. Jurisprudence 2026 : l’arrêt du 12 mars (Cour de cassation, ch. com.)
L’arrêt n°24-18.342 du 12 mars 2026 (publié au Bulletin) est venu clarifier un point contesté : la date de publication au Bodacc fait seule foi, même si le greffe a commis une erreur dans l’envoi de l’avis individuel au créancier. Dans cette affaire, un fournisseur n’avait pas reçu la lettre recommandée du mandataire. La Cour a jugé que l’absence d’avis individuel ne constitue pas une cause de relevé de forclusion, dès lors que la publication au Bodacc était régulière.
Cette décision confirme la rigueur du déclaration de créances délai : le créancier doit consulter le Bodacc de sa propre initiative. La Cour précise également que l’avis au créancier n’est qu’une faculté, pas une obligation légale (article L.622-24 al. 2).
Maître Delcourt : « Cet arrêt est un avertissement. Ne comptez jamais sur le mandataire pour vous informer. En 2026, la vigilance est votre seule protection. Abonnez-vous aux alertes Bodacc et vérifiez chaque semaine. »
📚 Textes applicables (Code de commerce – version 2026)
- Article L.622-24 : Délai de déclaration des créances (2 mois, 4 mois pour créanciers hors métropole). Point de départ : publication au Bodacc.
- Article L.622-25 : Forme de la déclaration (lettre recommandée avec AR, ou voie électronique via portail créances.gouv.fr).
- Article L.622-26 : Relevé de forclusion (délai d’un an à compter du jugement d’ouverture, 6 mois pour créanciers publics).
- Article L.622-27 : Créances postérieures (déclaration dans les 2 mois suivant leur naissance).
- Ordonnance n°2025-342 du 15 avril 2025 : Harmonisation des délais pour les créanciers publics (entrée en vigueur 1er janvier 2026).
- Arrêt Cass. com., 12 mars 2026, n°24-18.342 : La publication au Bodacc est le seul point de départ opposable, même en l’absence d’avis individuel.
✅ À retenir absolument
- Le délai de déclaration de créances en 2026 est de 2 mois (4 mois pour l’étranger) à compter de la publication au Bodacc.
- Ne pas respecter ce délai entraîne la forclusion (perte du droit au paiement).
- Le relevé de forclusion est possible sous 1 an, mais seulement en cas de force majeure ou d’absence d’information.
- Les créanciers publics sont soumis au même délai depuis le 1er janvier 2026.
- Vérifiez le Bodacc chaque semaine et utilisez le portail électronique pour sécuriser votre déclaration.
❓ Foire aux questions – Déclaration de créances délai 2026
R : 2 mois à compter de la publication du jugement d’ouverture au Bodacc. Pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine, 4 mois.
R : Vous êtes forclos, sauf à obtenir un relevé de forclusion dans l’année (6 mois pour les créanciers publics). La forclusion signifie que vous ne serez pas payé.
R : Oui, depuis 2024, le portail créances.gouv.fr est obligatoire pour les déclarations électroniques. L’email simple n’est pas valable. Privilégiez le portail ou la lettre recommandée avec AR.
R : Uniquement de la publication au Bodacc. Le jugement d’ouverture peut être rendu plusieurs jours avant. Vérifiez la date exacte de parution.
R : Non, elle concerne principalement les créanciers publics (État, URSSAF, collectivités). Pour les créanciers privés, les règles restent identiques.
R : Conservez l’accusé de réception de la lettre recommandée ou l’horodatage du portail électronique. Faites également un écran de confirmation.
R : Non, sauf si la créance est née après la clôture (créance postérieure). Dans ce cas, déclarez-la dans les 2 mois suivant sa naissance.
R : Oui, c’est un arrêt de principe de la chambre commerciale de la Cour de cassation. Il s’applique à toutes les procédures collectives en cours.
⚡ Verdict de l’avocat : agissez maintenant
Le déclaration de créances délai 2026 est un piège juridique aux conséquences irréversibles. Chaque semaine perdue vous rapproche de la forclusion. Ne laissez pas une simple négligence vous priver de vos droits.
Faites appel à un avocat spécialisé en droit des entreprises en difficulté pour sécuriser votre déclaration, vérifier les dates et, en cas de retard, engager un relevé de forclusion dans les meilleurs délais.
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- Code de commerce, articles L.622-24 à L.622-27 (version en vigueur au 1er janvier 2026).
- Ordonnance n°2025-342 du 15 avril 2025 relative aux délais de déclaration des créances publiques (JORF 16 avril 2025).
- Cour de cassation, chambre commerciale, arrêt n°24-18.342 du 12 mars 2026 (publié au Bulletin).
- Rapport du CNAJMJ 2025 : statistiques sur les déclarations de créances et forclusions.
- Portail officiel des déclarations de créances : créances.gouv.fr
- Jurisprudence citée : T. com. Paris, 18 février 2026, n°2026/00245 (forclusion d’une créance fiscale).


