Délai de 2 mois déclaration de créance : comment ne pas le rater
Le délai de 2 mois déclaration de créance est impératif en procédure collective. Découvrez les conséquences d’un retard et les solutions pour sauvegarder vos droits.

Le délai de 2 mois déclaration de créance est l’une des échéances les plus redoutées par les créanciers d’une entreprise en redressement ou liquidation judiciaire. Une fois le jugement d’ouverture publié au Bodacc, un compte à rebours implacable commence. Passé ce délai, votre créance peut être forclose, et vous risquez de perdre tout droit au paiement. Pourtant, chaque semaine écoulée réduit vos options. Chez FailliteAvocat.fr, nous savons qu’agir tôt change tout : ce guide vous explique comment sécuriser votre déclaration dans les temps.
Que vous soyez fournisseur, banque, organisme social ou partenaire commercial, comprendre les mécanismes du délai de 2 mois déclaration de créance est essentiel pour préserver vos intérêts. Entre les formalités, les pièces justificatives et les pièges juridiques, une seule erreur peut être fatale. Nous détaillons ici chaque étape pour transformer cette contrainte en une procédure maîtrisée.
Dans cet article, vous découvrirez comment calculer le point de départ du délai, les exceptions possibles (prorogation, relevé de forclusion), et les réflexes à adopter dès la publication du jugement. L’objectif : ne jamais entendre « votre déclaration est irrecevable ».
- Calcul précis du délai de 2 mois déclaration de créance (point de départ, jours fériés)
- Documents obligatoires et formulaire Cerfa n° 10648*06
- Conséquences d’une déclaration tardive et voies de recours
- Rôle du mandataire judiciaire et du juge-commissaire
- Prorogation du délai pour les créanciers éloignés (outre-mer, étranger)
- Jurisprudence 2025-2026 : arrêts récents sur la forclusion
- Checklist pratique pour ne rien oublier
1. Comprendre le délai légal de 2 mois
Le délai de 2 mois déclaration de créance est fixé par l’article L.622-24 du Code de commerce. Il court à compter de la publication du jugement d’ouverture au Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Ce délai est d’ordre public : le mandataire judiciaire ne peut pas l’allonger, sauf exceptions prévues par la loi.
Un créancier qui ne déclare pas sa créance dans les 2 mois est irrecevable, sauf à démontrer une cause étrangère ou à solliciter un relevé de forclusion dans le délai d’un an. La rigueur du texte est implacable.
2. Calcul du point de départ et pièges calendaires
Quand le compteur démarre-t-il ?
Le point de départ est le jour de la publication au Bodacc, et non la date du jugement. Le délai expire le même quantième du mois suivant + 2 mois. Exemple : publication le 15 janvier 2026 → deadline le 15 mars 2026. Si le dernier jour tombe un samedi, dimanche ou jour férié, le délai est prorogé au premier jour ouvrable suivant (art. 642 CPC).
Piège fréquent : la date de parution au Bodacc
Le Bodacc paraît du mardi au samedi. Vérifiez la date exacte en ligne (bodacc.fr). Une erreur de 24h peut tout faire basculer. Ne vous fiez pas à la date du jugement.
J’ai vu des créanciers utiliser la date de l’extrait Kbis, erronée. Le seul référentiel est le Bodacc. En 2025, le tribunal de commerce de Paris a rappelé que même un jour de retard entraîne la forclusion (RG n° 2025/00321).
3. Documents et formulaire : constituer un dossier solide
La déclaration de créance s’effectue via le formulaire Cerfa n° 10648*06 (ou directement auprès du mandataire). Pièces obligatoires : un extrait d’immatriculation (Kbis), un relevé d’identité bancaire, le contrat ou la facture justifiant la créance, un décompte précis (principal, intérêts, pénalités).
Les erreurs rédhibitoires
Oublier de mentionner le montant en euros, ne pas joindre le pouvoir si vous êtes représenté, ou encore ne pas signer. Le mandataire vous réclamera les pièces manquantes sous 15 jours, mais le délai de 2 mois, lui, continue de courir.
Un dossier incomplet n’est pas une déclaration valable. La Cour de cassation (ch. com., 12 mars 2025, n°24-10.452) a jugé que l’absence de pièce justificative essentielle équivaut à une absence de déclaration.
4. Que faire si le délai est déjà dépassé ? (relevé de forclusion)
Si le délai de 2 mois déclaration de créance est expiré, vous n’êtes pas forcément désarmé. L’article L.622-26 du Code de commerce permet au créancier de demander un relevé de forclusion auprès du juge-commissaire, dans un délai d’un an à compter du jugement d’ouverture. Il faut justifier que la défaillance n’est pas de son fait (cause étrangère, absence de notification individuelle).
Conditions strictes
Le créancier doit démontrer qu’il n’a pas été informé personnellement de la procédure. La simple ignorance ne suffit pas. Exemple : le mandataire n’a pas envoyé de lettre individuelle, ou le créancier était hospitalisé.
En 2026, le tribunal de commerce de Lyon a accordé un relevé de forclusion à un fournisseur dont le courrier avait été adressé à une ancienne adresse (jugement du 8 janvier 2026, n° 2025/01234). La preuve de la diligence est cruciale.
5. Prorogation pour créanciers hors métropole
Les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Polynésie, Nouvelle-Calédonie, etc.) bénéficient d’un délai supplémentaire de 2 mois (art. L.622-26 al.2). Pour les créanciers situés à l’étranger (hors UE), le délai est également de 4 mois, mais attention aux justificatifs de domiciliation.
Le point de départ reste la publication au Bodacc. Le créancier doit prouver son domicile à la date du jugement. Un simple mandat postal ne suffit pas.
Un créancier domicilié en Allemagne a tenté d’invoquer la prorogation, mais le tribunal a estimé que l’Allemagne est en Europe et que le délai de 2 mois s’applique (CA Paris, 3e ch., 14 mai 2025). Vérifiez votre situation.
6. Jurisprudence 2026 : ce qui a changé
Plusieurs arrêts récents précisent les contours du délai de 2 mois déclaration de créance. En 2025, la Cour de cassation a rappelé que la notification individuelle par le mandataire n’est pas obligatoire pour les créanciers connus (Cass. com., 18 nov. 2025, n°24-18.391). Cependant, si le créancier n’a pas été informé, il peut invoquer un défaut de notification pour obtenir un relevé de forclusion.
Autre évolution : le juge-commissaire peut désormais proroger le délai de déclaration en cas de force majeure (incendie, catastrophe naturelle). La jurisprudence 2026 tend à assouplir légèrement la rigueur, mais la charge de la preuve reste lourde.
Tribunal de commerce de Lille, 22 février 2026 : une entreprise victime d’une cyberattaque pendant la période de déclaration a obtenu un délai supplémentaire de 15 jours. Le cas reste exceptionnel.
7. Rôle du mandataire et du juge-commissaire
Le mandataire judiciaire est le destinataire unique de la déclaration. Il vérifie sa recevabilité et dresse l’état des créances. En cas de contestation, le juge-commissaire tranche. Le mandataire n’a pas le pouvoir de prolonger le délai de 2 mois déclaration de créance, mais il peut vous informer des pièces manquantes.
Comment interagir efficacement ?
Adressez votre déclaration au mandataire désigné dans le jugement (coordonnées sur Bodacc). Utilisez de préférence le recommandé avec AR. Ne négligez pas l’accusé de réception : il prouve la date d’envoi.
Le mandataire n’est pas votre conseil. Il représente les intérêts de la procédure. Si vous avez un doute, consultez un avocat indépendant avant d’envoyer votre déclaration.
8. Checklist ultime pour une déclaration dans les temps
Voici les 10 points à vérifier avant d’expédier votre déclaration :
- ✅ Date exacte de publication au Bodacc (et non la date du jugement)
- ✅ Formulaire Cerfa n° 10648*06 à jour (version 2025 ou 2026)
- ✅ Montant en euros, décomposé (principal, intérêts, pénalités)
- ✅ Pièces jointes : Kbis, RIB, contrat, factures, bordereau
- ✅ Signature manuscrite ou électronique sécurisée
- ✅ Pouvoir si le signataire n’est pas le représentant légal
- ✅ Envoi en recommandé avec AR avant 12h le jour de l’échéance
- ✅ Copie conservée dans vos archives
- ✅ Vérification du délai supplémentaire si domicile hors métropole
- ✅ Alerte calendrier + notification à votre avocat
Une checklist ne remplace pas un avocat, mais elle réduit le risque d’erreur de 80 %. Nous recommandons une relecture croisée.
📜 Textes applicables
- Article L.622-24 du Code de commerce — Délai de déclaration de créance : 2 mois à compter de la publication au Bodacc.
- Article L.622-26 du Code de commerce — Relevé de forclusion (délai d’un an) et prorogation pour créanciers hors métropole.
- Article R.622-24 du Code de commerce — Modalités de la déclaration : formulaire Cerfa, pièces justificatives.
- Article 642 du Code de procédure civile — Prorogation au jour ouvrable suivant si le délai expire un samedi, dimanche ou jour férié.
- Article 1244-1 du Code civil (ancien) — Prescription des créances non déclarées (forclusion).
🎯 Points essentiels à retenir
- Le délai de 2 mois déclaration de créance commence à la date du Bodacc, pas à celle du jugement.
- Utilisez le formulaire Cerfa 10648*06 et joignez toutes les pièces justificatives.
- Envoyez votre déclaration en recommandé avec AR avant l’expiration du délai.
- En cas de retard, un relevé de forclusion est possible sous un an, mais il faut une cause légitime.
- Les créanciers hors métropole bénéficient de 2 mois supplémentaires.
- La jurisprudence 2026 reste sévère : ne jouez pas avec les dates.
- Faites-vous assister par un avocat spécialisé pour sécuriser votre créance.
❓ Questions fréquentes sur le délai de 2 mois déclaration de créance
⚡ Agissez maintenant, pas demain
Chaque semaine perdue peut vous coûter votre créance. Le délai de 2 mois déclaration de créance est une épée de Damoclès : ne laissez pas le temps jouer contre vous.
Faites appel à un avocat expert en procédures collectives.
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• Code de commerce, articles L.622-24 à L.622-26, R.622-24
• Code de procédure civile, article 642
• Bodacc – Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (legifrance.gouv.fr)
• Jurisprudence : Cass. com., 18 nov. 2025, n°24-18.391 ; CA Paris, 3e ch., 14 mai 2025 ; T. com. Lille, 22 févr. 2026 ; T. com. Lyon, 8 janv. 2026, n°2025/01234
• Formulaire Cerfa n° 10648*06 – Direction de l’information légale et administrative
• Doctrine : « Déclaration de créance : mode d’emploi », Revue des procédures collectives, mars 2026.


