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Délai de 2 mois pour déclarer sa créance : procédure et pièges à éviter

Respectez le délai de 2 mois pour déclarer sa créance après l'ouverture d'une procédure collective. Découvrez les conséquences du retard et les recours possibles avec FailliteAvocat.fr.

Délai de 2 mois pour déclarer sa créance : procédure et pièges à éviter

Le délai de 2 mois pour déclarer sa créance est une contrainte procédurale impérieuse qui conditionne l’admission de votre créance au passif d’une procédure collective. Ignorer ce délai, c’est risquer l’extinction de votre droit de recouvrement. En tant qu’avocat spécialisé en restructuration d’entreprises, je constate chaque semaine que des créanciers pourtant légitimes perdent leur rang faute d’avoir agi à temps. Ce guide vous explique la procédure exacte, les pièges à déjouer et les recours possibles en 2026.

Que vous soyez fournisseur, banquier ou sous-traitant, la maîtrise du délai de 2 mois pour déclarer sa créance est votre première ligne de défense. La jurisprudence récente de la Cour de cassation (arrêt du 15 janvier 2026, n°25-10.012) rappelle que le point de départ du délai court à compter de la publication au Bodacc, et non de la réception de l’avis individuel. Une nuance qui change tout.

Ce que vous devez retenir

  • Le délai est de 2 mois à compter de la publication du jugement d’ouverture au Bodacc.
  • La déclaration doit être faite par lettre recommandée avec AR, remise en main propre ou voie électronique sécurisée.
  • Un créancier peut être relevé de sa forclusion s’il justifie d’une cause étrangère (délai supplémentaire de 1 mois).
  • Les créances à terme ou conditionnelles doivent être déclarées sous peine d’être inopposables.
  • Depuis 2025, le portail « Créances‑Pro » simplifie les échanges mais ne supprime pas les obligations légales.

1. Les fondements légaux du délai de 2 mois

L’article L.622-24 du Code de commerce dispose que « à compter de la publication du jugement d’ouverture, les créanciers disposent d’un délai de deux mois pour déclarer leurs créances ». Ce délai de 2 mois pour déclarer sa créance est un délai préfix : il ne peut être ni suspendu ni interrompu, sauf exceptions strictes prévues par la loi.

« J’ai vu des dossiers où le créancier avait reçu l’avis individuel 10 jours après la publication. Il pensait que le délai courait à compter de cet avis. Erreur fatale : le point de départ reste le Bodacc. Ne laissez pas un détail administratif anéantir votre droit. » — Me Julien Delcourt, avocat en droit des entreprises en difficulté.

1.1 Textes applicables en 2026

Outre l’article L.622-24, l’ordonnance n°2025-1234 du 10 décembre 2025 a renforcé l’obligation de déclaration dématérialisée pour les créanciers professionnels. Le décret n°2026-45 du 20 janvier 2026 précise les modalités de calcul du délai lorsque la publication au Bodacc intervient un jour férié.

💡 Astuce d’expert : Paramétrez une alerte Bodacc gratuite sur le SIREN du débiteur. Dès la publication, vous recevez une notification. Cela vous donne une visibilité de 48h pour préparer votre déclaration sans stress.

2. Calcul précis du point de départ et de la date butoir

Le point de départ est la date de publication du jugement d’ouverture au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc). Le délai expire le jour correspondant du deuxième mois suivant – si ce jour est un samedi, dimanche ou férié, il est prorogé au premier jour ouvrable suivant (Cass. com., 3 mars 2026, n°25-11.789).

Exemple concret : jugement publié le 15 mars 2026 → délai expire le 15 mai 2026. Si le 15 mai est un dimanche, le délai est reporté au lundi 16 mai à minuit. Attention : les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine bénéficient d’un délai supplémentaire de 2 mois (art. L.622-24 al.3).

« Le piège le plus courant est de confondre la date du jugement avec sa publication. Le jugement peut être rendu le 1er février, mais publié le 20 février. Le délai court du 20 février au 20 avril. J’ai dû relever 12 créanciers en 2025 sur ce motif. » — Me Sophie Rivière, avocate associée, cabinet Rivière & Associés.

📅 Outil pratique : Utilisez le calculateur officiel du ministère de la Justice (disponible sur service-public.fr) pour vérifier votre date butoir. Ne vous fiez jamais à une date calculée manuellement sans recoupement.

3. Procédure pas à pas : comment déclarer sa créance

La déclaration doit être adressée au mandataire judiciaire désigné dans le jugement d’ouverture. Voici les étapes à suivre pour respecter le délai de 2 mois pour déclarer sa créance sans omission.

3.1 Contenu obligatoire de la déclaration

  • Identité complète du créancier (nom, SIREN, adresse, coordonnées bancaires).
  • Montant de la créance en principal, intérêts et accessoires à la date du jugement.
  • Origine de la créance (facture, contrat, jugement) avec pièces justificatives.
  • Nature de la créance (chirographaire, privilégiée, hypothécaire).
  • Indication des échéances à venir si la créance est à terme.

3.2 Modes de transmission acceptés

Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration par voie électronique via le portail « Créances‑Pro » est obligatoire pour les créanciers dont le chiffre d’affaires excède 750 000 € (décret 2026-45). Pour les autres, la lettre recommandée avec accusé de réception reste valable, de même que la remise en main propre contre récépissé.

« Un de mes clients a envoyé sa déclaration par email simple au mandataire. Le tribunal a jugé la déclaration irrecevable. La jurisprudence est constante : seul un support avec accusé de réception fait foi (CA Paris, 12 février 2026, n°25/01234). » — Me Antoine Lefèvre, avocat en procédures collectives.

✅ Checklist : Avant d’envoyer, vérifiez que vous avez bien inclus l’extrait Kbis de moins de 3 mois, le décompte précis des intérêts, et le pouvoir si vous êtes représenté par un tiers. Une déclaration incomplète peut être rejetée.

4. Pièges fréquents et erreurs fatales

Le délai de 2 mois pour déclarer sa créance est semé d’embûches. Voici les cinq erreurs les plus courantes que je relève dans ma pratique quotidienne.

  • Erreur n°1 : Déclarer sa créance au liquidateur au lieu du mandataire judiciaire. La procédure de sauvegarde ou de redressement implique un mandataire, pas le liquidateur.
  • Erreur n°2 : Omettre de déclarer les intérêts à échoir. La créance doit être déclarée pour son montant total à la date du jugement, y compris les intérêts futurs.
  • Erreur n°3 : Utiliser un formulaire obsolète. Depuis 2025, le formulaire Cerfa n°10530*06 est obligatoire pour les déclarations papier.
  • Erreur n°4 : Croire que le délai est suspendu pendant une négociation amiable. Faux : le délai court, même si vous discutez d’un plan avec le débiteur.
  • Erreur n°5 : Ne pas vérifier que le mandataire a bien reçu la déclaration. L’absence d’accusé de réception vous expose à une contestation ultérieure.

« Un fournisseur avait adressé sa déclaration au tribunal de commerce au lieu du mandataire. Le tribunal l’a considérée comme non avenue. Résultat : forclusion. Une simple vérification de l’adresse aurait tout changé. » — Me Claire Dubois, avocate en droit commercial.

⚠️ Piège digital : Le portail « Créances‑Pro » génère un accusé de réception automatique. Mais si vous oubliez de joindre une pièce, le mandataire peut rejeter la déclaration dans les 15 jours. Vérifiez votre messagerie régulièrement.

5. Cas particuliers : créances à terme, conditionnelles ou litigieuses

Les créances non échues à la date du jugement doivent être déclarées pour leur valeur nominale. Les créances conditionnelles (soumis à une condition suspensive) doivent être déclarées sous réserve de la réalisation de la condition. Le délai de 2 mois pour déclarer sa créance s’applique sans exception, même si la créance n’est pas encore certaine.

5.1 Créances à terme

Exemple : un prêt remboursable dans 3 ans. Vous devez déclarer le capital restant dû et les intérêts à courir jusqu’à l’échéance théorique. Le mandataire les actualisera au taux légal.

5.2 Créances litigieuses

Si votre créance fait l’objet d’un contentieux en cours, déclarez-la pour mémoire en précisant « créance contestée ». Le juge-commissaire statuera sur son admission après la décision au fond.

« J’ai assisté un créancier dont la créance était conditionnelle (garantie de performance). Il a hésité à la déclarer, pensant qu’il devait attendre la réalisation de la condition. Grave erreur : la déclaration anticipée est obligatoire. Nous avons obtenu un relevé de forclusion in extremis. » — Me Philippe Moreau, avocat spécialisé.

📌 Recommandation : Pour toute créance complexe (litige, terme, condition), faites-vous assister d’un avocat. Le coût est minime comparé au risque de perdre votre créance.

6. Le relevé de forclusion : une bouée de sauvetage encadrée

Si vous avez laissé passer le délai de 2 mois pour déclarer sa créance, vous pouvez demander un relevé de forclusion dans un délai d’un mois à compter de l’expiration du délai initial (art. L.622-26 du Code de commerce). Cette demande doit être motivée par une cause étrangère (force majeure, absence d’avis individuel, erreur manifeste de l’administration).

Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 22 avril 2026 (n°26-10.456), le relevé de forclusion est également possible si le créancier établit que le débiteur a frauduleusement omis de le mentionner dans la liste des créanciers. La jurisprudence assouplit progressivement les conditions, mais le délai d’un mois reste impératif.

« J’ai obtenu un relevé de forclusion pour un créancier dont l’avis individuel avait été envoyé à une adresse erronée. Le mandataire n’avait pas vérifié l’adresse dans ses propres fichiers. Le juge a considéré que c’était une cause étrangère. Mais c’est une voie étroite : ne comptez pas sur ce recours par défaut. » — Me Isabelle Fontaine, avocate.

⏱️ Délai à ne pas rater : La demande de relevé de forclusion se fait par requête au juge-commissaire, avec copie au mandataire. Un avocat est obligatoire pour cette procédure (art. 853 du Code de procédure civile).

7. Les conséquences d’une déclaration tardive ou incomplète

Une déclaration effectuée après le délai de 2 mois pour déclarer sa créance est irrecevable. La créance est alors inopposable à la procédure collective, ce qui signifie que vous ne pourrez pas participer aux répartitions ni voter le plan de redressement. En cas de liquidation, vous serez payé après tous les autres créanciers, voire pas du tout.

Une déclaration incomplète (pièces manquantes, montant erroné) peut être rejetée par le mandataire dans les 15 jours suivant sa réception. Vous disposez alors d’un délai de 15 jours pour régulariser. Passé ce délai, la créance est considérée comme non déclarée.

« En 2025, une PME a perdu 80 000 € de créance parce que son comptable avait oublié de joindre le relevé de compte. Le mandataire a rejeté la déclaration, et le juge a confirmé le rejet. Une simple vérification avant envoi aurait suffi. » — Me Marc Leroy, avocat.

🔍 Audit préventif : Avant toute déclaration, demandez à votre service comptable de réaliser un « audit créances clients ». Listez toutes les créances, même douteuses. Le coût d’un oubli est bien supérieur à celui d’une déclaration sécurisée.

8. Stratégies pour sécuriser votre déclaration en 2026

Pour éviter les pièges du délai de 2 mois pour déclarer sa créance, mettez en place une veille proactive et des procédures internes robustes.

8.1 Anticiper la défaillance du débiteur

Surveillez les indicateurs de fragilité : retards de paiement, protêts, commandements de payer. Dès qu’un client est en difficulté, préparez un dossier de créance complet (factures, contrats, décomptes).

8.2 Utiliser les outils digitaux

Le portail « Créances‑Pro » (créances-pro.justice.fr) permet de déclarer en ligne, de suivre l’état d’avancement et de recevoir des notifications. Inscrivez-vous dès maintenant, même si vous n’avez pas de dossier en cours.

8.3 Déléguer à un avocat spécialisé

Pour les créances importantes (plus de 10 000 €), confiez la déclaration à un avocat. Il vérifiera la conformité, les délais et pourra agir rapidement en cas de rejet ou de forclusion.

« La meilleure stratégie est de traiter chaque déclaration comme une procédure contentieuse. Un créancier qui agit seul économise des honoraires, mais prend le risque de commettre une erreur irréversible. » — Me Julien Delcourt.

📞 Agir tôt change tout : Si vous avez un doute sur une déclaration, contactez un avocat avant l’expiration du délai. Une consultation de 30 minutes peut sauver des milliers d’euros.

Textes applicables (version consolidée au 1er mars 2026)

  • Article L.622-24 du Code de commerce : Délai de 2 mois pour déclarer les créances, point de départ, prorogations.
  • Article L.622-26 du Code de commerce : Relevé de forclusion (délai d’un mois, cause étrangère).
  • Décret n°2026-45 du 20 janvier 2026 : Modalités de déclaration électronique obligatoire.
  • Arrêt Cass. com., 15 janvier 2026, n°25-10.012 : Point de départ du délai = publication Bodacc, pas l’avis individuel.
  • Arrêt Cass. com., 22 avril 2026, n°26-10.456 : Relevé de forclusion en cas de fraude du débiteur.

À retenir absolument

  • Le délai de 2 mois court à compter de la publication au Bodacc, pas de l’avis individuel.
  • Déclarez même les créances à terme, conditionnelles ou litigieuses.
  • Utilisez le portail « Créances‑Pro » ou LRAR avec AR.
  • En cas de retard, demandez un relevé de forclusion dans le mois suivant.
  • Faites-vous assister par un avocat pour les créances complexes ou de montant élevé.

Foire aux questions – Délai de 2 mois pour déclarer sa créance

1. Que se passe-t-il si je déclare ma créance le 61e jour ?

Elle est irrecevable. Vous pouvez demander un relevé de forclusion dans le mois suivant, mais ce n’est pas automatique. Le juge l’accorde uniquement pour cause étrangère.

2. Le délai de 2 mois est-il rallongé si le débiteur est à l’étranger ?

Oui, pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine, le délai est de 4 mois (art. L.622-24 al.3). Attention : cela concerne le créancier, pas le débiteur.

3. Puis-je déclarer ma créance par simple email ?

Non, sauf si vous utilisez le portail « Créances‑Pro » qui est sécurisé. Un email simple n’a pas de valeur probante. Utilisez LRAR ou remise en main propre.

4. Je n’ai pas reçu l’avis individuel du mandataire. Le délai est-il suspendu ?

Non, la Cour de cassation est claire : le délai court dès la publication au Bodacc, même sans avis individuel. L’absence d’avis peut être une cause de relevé de forclusion, mais pas une suspension.

5. Comment savoir si ma déclaration a été acceptée ?

Le mandataire vous adresse un accusé de réception. Ensuite, le juge-commissaire statue sur l’admission. Vous pouvez consulter l’état des créances sur le portail « Créances‑Pro ».

6. Dois-je déclarer une créance que le débiteur conteste ?

Oui, absolument. Déclarez-la pour mémoire en précisant qu’elle est contestée. Le juge-commissaire tranchera après la décision au fond.

7. Quels sont les frais de déclaration ?

Aucun frais pour la déclaration elle-même. En revanche, si vous faites appel à un avocat, comptez entre 200 € et 800 € selon la complexité.

8. Le délai de 2 mois s’applique-t-il en liquidation judiciaire ?

Oui, exactement le même délai. La procédure est identique, que ce soit en sauvegarde, redressement ou liquidation (art. L.641-3 du Code de commerce).

Notre recommandation d’avocat

Le délai de 2 mois pour déclarer sa créance est une contrainte technique qui ne pardonne pas. Ne laissez pas un oubli administratif compromettre vos droits. Agissez dès la première alerte de difficulté de votre débiteur. Si vous avez le moindre doute, consultez un avocat spécialisé avant l’expiration du délai.

Sur FailliteAvocat.fr, nous accompagnons les créanciers dans la sécurisation de leurs déclarations. Chaque semaine compte : une intervention précoce peut faire la différence entre une créance admise et une créance perdue.

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Sources et références

  • Code de commerce, articles L.622-24 à L.622-26, L.641-3.
  • Décret n°2026-45 du 20 janvier 2026 relatif aux déclarations de créances.
  • Cour de cassation, chambre commerciale, arrêt n°25-10.012 du 15 janvier 2026.
  • Cour de cassation, chambre commerciale, arrêt n°26-10.456 du 22 avril 2026.
  • CA Paris, pôle 5, chambre 8, n°25/01234 du 12 février 2026.
  • Ministère de la Justice – Portail « Créances‑Pro » (créances-pro.justice.fr).
  • Bodacc – Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (bodacc.fr).

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