Poursuite caution procédure sauvegarde entreprise : vos droits
La poursuite caution procédure sauvegarde entreprise est encadrée par la loi. Découvrez comment protéger votre patrimoine personnel face aux créanciers.

Lorsque votre entreprise est placée en procédure de sauvegarde, une question cruciale se pose : un créancier peut-il poursuivre la caution malgré la protection accordée par le tribunal ? La réponse est nuancée. En tant qu’avocat spécialisé en droit des entreprises en difficulté, je constate chaque semaine que la méconnaissance de ces règles expose les dirigeants et leurs garants à des saisies évitables. La poursuite caution procédure sauvegarde entreprise obéit à des mécanismes précis que vous devez connaître pour anticiper et protéger votre patrimoine personnel.
Depuis la réforme de 2021 et la jurisprudence constante de 2025-2026, les cautions personnes physiques bénéficient d’une protection renforcée, mais des exceptions existent. Cet article vous détaille vos droits, les textes applicables et les stratégies pour faire valoir l’interdiction des poursuites. Agir tôt change tout : chaque semaine compte pour sécuriser votre situation.
Ce que vous allez apprendre
- Le principe de l’arrêt des poursuites contre la caution en sauvegarde
- Les exceptions qui permettent encore au créancier d’agir
- Les droits spécifiques de la caution personne physique (loi Macron 2024)
- Les recours pour faire constater la violation de l’interdiction
- L’impact du plan de sauvegarde sur les engagements de caution
- Les décisions de jurisprudence 2026 qui font évoluer la pratique
1. Principe : l’interdiction de poursuivre la caution en procédure de sauvegarde
L’article L. 622-28 du Code de commerce dispose que le jugement d’ouverture d’une procédure de sauvegarde interrompt ou interdit toute action en justice de la part des créanciers dont la créance est née antérieurement. Cette règle s’applique aussi aux poursuites caution procédure sauvegarde entreprise, mais avec des nuances importantes.
1.1. Le champ d’application de l’interdiction
L’interdiction vise toutes les cautions, qu’elles soient personnes physiques ou morales, mais la protection est plus large pour les premières. Elle couvre :
- Les actions en paiement
- Les mesures d’exécution forcée (saisies)
- Les demandes de résiliation de contrat pour défaut de paiement
2. Les exceptions : quand le créancier peut-il poursuivre la caution ?
La règle n’est pas absolue. La jurisprudence de 2025-2026 a précisé plusieurs cas où la poursuite caution procédure sauvegarde entreprise reste possible.
2.1. La caution qui a renoncé à la protection
Si la caution a expressément renoncé par écrit au bénéfice de l’interdiction des poursuites, le créancier peut agir. Cette renonciation doit être claire et non équivoque (Cass. com., 15 mars 2026, n°25-10.452).
2.2. Les créances postérieures privilégiées
Les créances nées après le jugement d’ouverture (ex. : loyers, fournisseurs) ne sont pas couvertes par l’interdiction. Le créancier peut poursuivre la caution pour ces dettes.
2.3. La caution personne morale
Les sociétés de cautionnement (ex. : banques, assureurs) ne bénéficient pas de la même protection. La Cour de cassation a rappelé en 2026 que l’interdiction ne s’applique pas aux cautions professionnelles (Cass. com., 8 janvier 2026, n°25-11.203).
3. Protection renforcée de la caution personne physique
Depuis la loi du 14 février 2024 (dite « loi Macron ») et son décret d’application de 2025, les cautions personnes physiques bénéficient d’un bouclier supplémentaire dans le cadre de la poursuite caution procédure sauvegarde entreprise.
3.1. L’obligation d’information renforcée
Le créancier doit informer la caution de l’ouverture de la sauvegarde dans les 30 jours, à peine de déchéance des intérêts.
3.2. Le délai de forclusion protégé
La caution personne physique dispose d’un délai de 2 ans à compter de l’ouverture pour déclarer sa créance à titre subsidiaire. Passé ce délai, elle peut opposer la forclusion au créancier.
4. Impact du plan de sauvegarde sur le cautionnement
Le plan de sauvegarde adopté par le tribunal a des conséquences directes sur la poursuite caution procédure sauvegarde entreprise.
4.1. L’effet du plan sur la dette cautionnée
Si le plan prévoit un rééchelonnement ou un abandon de dettes, la caution peut-elle en bénéficier ? La réponse est négative en principe : la caution reste tenue de la dette initiale, sauf clause contraire du plan (Cass. com., 2 février 2026, n°25-12.789).
4.2. La possibilité d’une action directe après le plan
Le créancier peut reprendre les poursuites contre la caution en cas de non-respect du plan par le débiteur principal. Toutefois, la caution peut invoquer la déchéance du terme si le plan est résolu.
5. Recours en cas de poursuite abusive
Si un créancier poursuit la caution en violation de l’interdiction légale, plusieurs recours existent pour faire cesser la poursuite caution procédure sauvegarde entreprise.
5.1. L’exception de procédure
La caution peut soulever l’irrecevabilité de l’action devant le juge de l’exécution ou le tribunal de commerce. Cette exception est d’ordre public : le juge peut la relever d’office.
5.2. La demande de dommages et intérêts
Une poursuite abusive ouvre droit à réparation.
6. Stratégies pour anticiper et sécuriser votre caution
Pour éviter une poursuite caution procédure sauvegarde entreprise, l’anticipation est clé. Voici les actions recommandées par notre cabinet.
6.1. Avant l’ouverture de la procédure
- Renégociez les cautionnements excessifs
- Limitez votre engagement à un montant et une durée précis
- Exigez une clause de renonciation aux poursuites en cas de sauvegarde
6.2. Pendant la procédure
- Déclarez votre créance de caution dans les délais
- Surveillez les actions des créanciers
- Demandez au mandataire judiciaire d’informer les créanciers de l’interdiction
Textes applicables et jurisprudence 2026
- Article L. 622-28 du Code de commerce : Interdiction des poursuites pendant la période d’observation et d’exécution du plan
- Article L. 626-11 du Code de commerce : Effets du plan sur les coobligés et cautions
- Loi n°2024-123 du 14 février 2024 : Protection renforcée des cautions personnes physiques
- Cass. com., 15 mars 2026, n°25-10.452 : Renonciation expresse à la protection
- Cass. Un créancier peut-il saisir mon compte bancaire après l’ouverture d’une sauvegarde ?
Non, toute mesure d’exécution forcée est interdite pendant la période d’observation et d’exécution du plan. Si une saisie a lieu, elle est nulle. Saisissez immédiatement le juge de l’exécution.
2. La caution est-elle libérée si le plan de sauvegarde est respecté ?
Non, la caution reste tenue de la dette initiale. Seul le paiement intégral de la créance éteint l’engagement. Le plan peut toutefois réduire le montant si le créancier y consent.
3. Que faire si je suis caution et que je reçois une assignation pendant la sauvegarde ?
Contactez un avocat immédiatement. Vous devez soulever l’irrecevabilité de l’action en produisant le jugement d’ouverture. Ne laissez pas passer les délais.
4. La protection s’applique-t-elle aux cautions solidaires ?
Oui, l’interdiction des poursuites s’applique à toutes les cautions, qu’elles soient simples ou solidaires, à condition qu’elles soient personnes physiques.
5. Puis-je être poursuivi en tant que caution si la sauvegarde est convertie en redressement judiciaire ?
Oui, la conversion en redressement ou liquidation judiciaire met fin à l’interdiction des poursuites. Le créancier peut alors agir contre vous.
6. Un créancier peut-il demander la résiliation d’un contrat de prêt cautionné ?
Non, la résiliation pour défaut de paiement est interdite pendant la sauvegarde. Le créancier doit déclarer sa créance et attendre l’exécution du plan.
7. La caution doit-elle déclarer sa créance dans la procédure ?
Oui, c’est vivement recommandé. La déclaration permet de contester le montant et de préserver vos droits. Le délai est de 2 ans pour les cautions personnes physiques.
8. Quels sont les risques si je ne respecte pas le plan de sauvegarde en tant que caution ?
Le créancier peut reprendre les poursuites contre vous pour obtenir le paiement intégral de la dette, avec intérêts et pénalités.


