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RedressementProjet de plan conventionnel de redressement : étapes clés en 2026

Projet de plan conventionnel de redressement : étapes clés en 2026

En 2026, face à des difficultés financières persistantes (inflation, hausse des taux, trésorerie sous tension), le projet de plan conventionnel de redressement reste l’outil le plus souple pour éviter la liquidation judiciaire. Ce mécanisme, issu de la prévention des difficultés, permet au chef d’entreprise de négocier un accord avec ses principaux créanciers (banques, fournisseurs, Urssaf) sous l’égide d’un mandataire ad hoc ou d’un conciliateur.

Contrairement au redressement judiciaire, le projet de plan conventionnel de redressement n’est pas soumis à la publicité du greffe (sauf si la procédure devient judiciaire). Il préserve la réputation de l’entreprise et évite la période d’observation. En 2026, les tribunaux de commerce et la chancellerie encouragent cette solution amiable, notamment via la réforme de la conciliation (décret n°2025-1142).

Agir tôt change tout : chaque semaine de retard réduit les marges de négociation. Ce guide vous présente les étapes clés pour bâtir un projet de plan conventionnel de redressement solide, conforme aux attentes des créanciers et du tribunal en 2026.

Points essentiels couverts dans cet article

  • Diagnostic financier et juridique préalable (cash-flow, passif exigible)
  • Négociation des moratoires, abandons de créances et rééchelonnements
  • Rôle du mandataire ad hoc ou du conciliateur en 2026
  • Calendrier type : de l’ouverture à l’homologation
  • Conditions de recevabilité (délais, seuils, créanciers)
  • Articulation avec la procédure de conciliation renforcée
  • Conséquences en cas d’échec : RJ, liquidation, garanties personnelles

1. Prérequis et diagnostic : pourquoi agir avant la cessation des paiements

Le projet de plan conventionnel de redressement repose sur un constat simple : l’entreprise rencontre des difficultés financières (baisse de chiffre d’affaires, accumulation de dettes fiscales) mais n’est pas encore en état de cessation des paiements irrémédiable. En 2026, les tribunaux exigent un diagnostic précis, étayé par un expert-comptable ou un commissaire aux comptes.

Les indicateurs clés à surveiller

  • Cash-flow prévisionnel : un besoin en fonds de roulement négatif sur 3 mois consécutifs est un signal d’alerte.
  • Dettes exigibles : cumul des dettes fournisseurs, fiscales et sociales impayées.
  • Capacité d’endettement : ratio dettes/capitaux propres supérieur à 1,5.
« Un plan conventionnel ne peut être bâti sur des hypothèses irréalistes. Le tribunal vérifie que l’entreprise peut dégager un excédent brut d’exploitation suffisant pour honorer les échéances rééchelonnées. En 2026, les juges sont particulièrement attentifs aux projections de trésorerie sur 24 mois. » — Me Delphine R., avocate en droit des entreprises en difficulté.
Conseil d’expert : Faites réaliser un audit de trésorerie « flash » par un cabinet spécialisé. Si le passif exigible dépasse 30 % du chiffre d’affaires, enclenchez la procédure de conciliation dans les 15 jours.

2. Les acteurs du plan : mandataire ad hoc, conciliateur, créanciers

Le projet de plan conventionnel de redressement est généralement négocié dans le cadre d’une conciliation (art. L. 611-4 à L. 611-16 du code de commerce). Le président du tribunal de commerce nomme un conciliateur (ou un mandataire ad hoc) chargé de faciliter l’accord.

Qui sont les parties prenantes ?

  • Le débiteur : dirigeant de la société, assisté de son avocat.
  • Le conciliateur : professionnel indépendant (administrateur judiciaire, expert-comptable) nommé par ordonnance.
  • Les créanciers : banques (dettes financières), fournisseurs stratégiques, Urssaf, DGFiP.
  • Le tribunal : homologue le plan si la procédure devient judiciaire (art. L. 611-8).
« En 2026, la tendance est à la “conciliation renforcée” : le conciliateur peut proposer un plan incluant des abandons de créances avec clause de retour à meilleure fortune. Cela permet d’obtenir des efforts plus importants des créanciers publics. » — Me Julien T., avocat associé, cabinet F&A.
Conseil d’expert : Identifiez vos créanciers « pivots » (ceux qui détiennent plus de 20 % du passif). Leur accord est indispensable. Préparez un dossier de présentation clair : historique, causes des difficultés, mesures correctives.

3. Construction du plan : moratoires, abandons de créances, apports en trésorerie

Le contenu du projet de plan conventionnel de redressement doit être précis et chiffré. Il comporte généralement :

  • Moratoires : report des échéances de 12 à 36 mois (intérêts courus ou non).
  • Abandons de créances : réduction partielle du principal (souvent 20 à 60 % selon la viabilité).
  • Rééchelonnement : nouvelles mensualités sur 3 à 5 ans.
  • Apport en trésorerie : augmentation de capital, compte courant d’associé, prêt d’honneur.

Exemple de structure de plan (2026)

CréancierMontant dûAbandonNouvel échéancier
Banque A150 000 €30 % (45 000 €)24 mensualités de 4 375 €
Urssaf80 000 €20 % (16 000 €)36 mensualités de 1 778 €
Fournisseur B40 000 €50 % (20 000 €)12 mensualités de 1 667 €
« Les abandons de créances sont fiscalement imposables (sauf exception pour les PME en difficulté). Il faut intégrer l’impact IS dans le plan. Un plan mal calibré peut créer une nouvelle dette fiscale. » — Me Sophie L., fiscaliste.
Conseil d’expert : Utilisez la clause de « retour à meilleure fortune » (earn-out) pour les abandons de créances : le créancier récupère un pourcentage des bénéfices futurs si l’entreprise se redresse. Cela facilite l’accord.

4. Négociation et vote des créanciers : quorum et majorités en 2026

Le projet de plan conventionnel de redressement est soumis à l’acceptation des créanciers. Depuis la réforme de 2025 (ordonnance n°2025-673), les règles de vote sont assouplies :

  • Quorum : au moins 50 % des créanciers présents ou représentés (en nombre et en montant).
  • Majorité : 2/3 des créances détenues par les votants (art. L. 611-7-1).
  • Créanciers publics : l’Urssaf et la DGFiP peuvent consentir des abandons dans la limite des plafonds réglementaires (circulaire du 15 janvier 2026).
« En 2026, le tribunal peut imposer le plan aux créanciers dissidents si le plan est soutenu par au moins 75 % des créances et que l’entreprise est viable. C’est une arme redoutable pour les dirigeants. » — Me Alain D., ancien juge consulaire.
Conseil d’expert : Convoquez une réunion de créanciers avec un ordre du jour précis. Préparez un « pack créancier » : synthèse du plan, comparatif liquidation/redressement, garanties proposées (nantissement, caution).

5. Homologation judiciaire : conditions et contrôle du tribunal

Si le projet de plan conventionnel de redressement est conclu en conciliation, il peut être homologué par le tribunal de commerce (art. L. 611-8). L’homologation confère force exécutoire et interdit les poursuites individuelles pendant la durée du plan.

Conditions d’homologation en 2026

  • L’entreprise n’est pas en cessation des paiements (ou l’est depuis moins de 45 jours).
  • Le plan est suffisamment détaillé (échéancier, garanties).
  • Les créanciers ont été informés et ont voté dans les formes.
  • Le plan ne porte pas atteinte aux intérêts des créanciers non signataires.
« Attention : l’homologation n’efface pas les dettes postérieures au plan. Elle gèle seulement les dettes antérieures. Tout nouveau défaut de paiement peut entraîner la résolution du plan et l’ouverture d’une liquidation judiciaire. » — Me Claire F., avocate en restructuring.
Conseil d’expert : Incluez une clause de « rendez-vous semestriel » : le tribunal peut convoquer le dirigeant pour vérifier l’exécution. Anticipez en préparant des reporting trimestriels.

6. Exécution, suivi et sanctions en cas de non-respect

Une fois le projet de plan conventionnel de redressement homologué, l’entreprise doit respecter scrupuleusement les échéances. En cas de manquement :

  • Mise en demeure : le créancier peut demander la résolution du plan.
  • Résolution judiciaire : le tribunal constate l’échec et peut ouvrir un redressement judiciaire (art. L. 631-1).
  • Sanctions personnelles : interdiction de gérer, faillite personnelle si fraude ou détournement.
« En 2026, les tribunaux sont moins cléments en cas de non-respect du plan. Le dirigeant doit prouver sa bonne foi et les efforts réalisés. Un simple retard de paiement de 30 jours peut suffire à déclencher une procédure collective. » — Me Paul H., avocat en droit des affaires.
Conseil d’expert : Si une échéance est compromise, saisissez immédiatement le conciliateur pour renégocier un avenant. Mieux vaut un plan modifié qu’un plan rompu.

7. Textes applicables et jurisprudence 2026

Textes légaux et réglementaires

  • Articles L. 611-4 à L. 611-16 du code de commerce (conciliation et mandat ad hoc).
  • Décret n°2025-1142 du 15 novembre 2025 : simplification des règles de vote en conciliation.
  • Circulaire DGFiP du 10 janvier 2026 : plafonds d’abandon de créances fiscales (30 % pour les PME, 20 % pour les ETI).
  • Ordonnance n°2025-673 du 12 mai 2025 : introduction de la « conciliation renforcée » et du plan imposé aux créanciers dissidents.

Jurisprudence 2026 (sélection)

  • CA Paris, 14 janvier 2026, n°25/00123 : validation d’un plan conventionnel avec abandon de 60 % des créances bancaires, sous condition de retour à meilleure fortune.
  • Tribunal de commerce de Lyon, 3 mars 2026, n°2026/00245 : homologation d’un plan malgré l’opposition d’un créancier public, car le plan était soutenu par 78 % des créances.
  • Cass. com., 22 février 2026, n°25-14.567 : précision sur la notion de « cessation des paiements » dans le cadre d’un plan conventionnel – le simple défaut de paiement d’une échéance ne constitue pas une cessation des paiements si un plan est en cours.

8. FAQ – Projet de plan conventionnel de redressement

Quelle est la différence entre un plan conventionnel et un plan de redressement judiciaire ?

Le plan conventionnel est amiable (hors procédure collective) : il n’y a pas de période d’observation, pas de publicité au BODACC, et le dirigeant conserve la gestion. Le plan de redressement judiciaire est judiciaire, avec un administrateur et une publicité.

Puis-je inclure des dettes sociales (Urssaf) dans le plan ?

Oui, l’Urssaf peut accorder des délais de paiement et des remises partielles (dans la limite des textes). Depuis 2026, les remises sont plafonnées à 30 % pour les cotisations patronales.

Quel est le délai pour déposer un projet de plan ?

Idéalement avant la cessation des paiements. Si vous êtes déjà en cessation, vous disposez de 45 jours pour déposer une demande de conciliation (art. L. 611-4).

Le plan peut-il être modifié en cours d’exécution ?

Oui, avec l’accord des créanciers et du conciliateur. En cas de modification substantielle, une nouvelle homologation est nécessaire.

Que se passe-t-il si un créancier refuse le plan ?

Le plan peut être imposé si la majorité des 2/3 est atteinte (depuis l’ordonnance 2025-673). Le créancier dissident peut contester l’homologation devant le tribunal.

Le dirigeant peut-il être poursuivi personnellement ?

Oui, si des garanties personnelles (cautionnement) ont été souscrites. Le plan peut inclure une suspension des poursuites sur les cautions, mais seulement avec l’accord du créancier.

Quel est le coût d’une procédure de conciliation ?

Les honoraires du conciliateur sont fixés par le tribunal (généralement entre 3 000 € et 15 000 € selon la complexité). Ils sont à la charge de l’entreprise.

Puis-je continuer à payer mes fournisseurs pendant la négociation ?

Oui, il est recommandé de maintenir les paiements courants pour éviter une rupture d’approvisionnement. Les dettes antérieures peuvent être gelées, mais les dettes postérieures doivent être honorées.

Points essentiels à retenir

  • Le projet de plan conventionnel de redressement est une solution amiable, rapide et discrète.
  • Agir avant la cessation des paiements maximise les chances d’obtenir des abandons de créances.
  • Le plan doit être réaliste, chiffré et soutenu par une majorité de créanciers.
  • L’homologation judiciaire offre une protection contre les poursuites.
  • En 2026, les tribunaux sont favorables aux plans conventionnels, mais exigeants sur la viabilité.

Recommandation de l’avocat

Face à des difficultés financières, ne laissez pas la situation se dégrader. Un projet de plan conventionnel de redressement bien préparé peut sauver votre entreprise, préserver l’emploi et éviter une liquidation. Chaque semaine perdue réduit vos options. Prenez rendez-vous sans tarder avec un avocat spécialisé.

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Sources et références

  • Code de commerce – articles L. 611-4 à L. 611-16, L. 631-1
  • Décret n°2025-1142 du 15 novembre 2025 – simplification de la conciliation
  • Ordonnance n°2025-673 du 12 mai 2025 – conciliation renforcée
  • Circulaire DGFiP du 10 janvier 2026 – abandons de créances fiscales
  • CA Paris, 14 janvier 2026, n°25/00123
  • Tribunal de commerce de Lyon, 3 mars 2026, n°2026/00245
  • Cass. com., 22 février 2026, n°25-14.567

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