Délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière : agir avant l’expiration
Respectez le délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière pour préserver vos droits. Chaque semaine compte. Consultez un avocat dès maintenant.

Le délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière est l’une des échéances les plus redoutées dans une procédure collective. Lorsqu’un jugement d’ouverture de redressement ou de liquidation judiciaire est prononcé, les créanciers titulaires d’une sûreté immobilière (hypothèque, privilège de prêteur de deniers) disposent d’un délai impératif de deux mois pour déclarer leur créance au passif du débiteur. Passé ce délai, la déchéance du droit de participation à la répartition du prix de vente est encourue, et la saisie immobilière peut être paralysée.
Ce mécanisme, prévu aux articles L.622-24 et suivants du Code de commerce, ainsi qu’à l’article R.622-24, est souvent source de contentieux. En 2025-2026, plusieurs arrêts de la Cour de cassation ont rappelé la rigueur de ce délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière, y compris pour les créanciers publics. Ignorer cette contrainte expose à une extinction de la créance hypothécaire, et donc à une perte sèche pour le créancier.
Dans cet article, nous décortiquons le régime juridique, les exceptions possibles, les conséquences d’une déclaration tardive et la stratégie à adopter pour sécuriser votre déclaration. Chaque semaine compte : un créancier averti vaut deux créanciers sauvés.
- Point de départ du délai de 2 mois (publication au BODACC ou notification)
- Créances hypothécaires : formalisme et pièces justificatives
- Conséquences du non-respect du délai (forclusion, relevé de forclusion)
- Incidence sur la saisie immobilière et la distribution du prix
- Rôle de l’avocat dans la déclaration de créance
- Jurisprudence récente 2025-2026 (Civ. 2e, 18 décembre 2025, n°24-18.412)
1. Fondements légaux du délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière
Le délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière trouve son origine dans l’article L.622-24 du Code de commerce, qui impose à tout créancier, y compris le créancier hypothécaire, de déclarer sa créance au mandataire judiciaire dans un délai de deux mois à compter de la publication du jugement d’ouverture au Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Pour les créanciers titulaires d’une sûreté réelle immobilière, la déclaration doit en outre mentionner l’assiette de la sûreté et le titre.
L’article R.622-24 précise que le délai court à compter de la publication au Bodacc, ou, si le créancier a été personnellement avisé, à compter de la notification. La jurisprudence considère que le défaut de déclaration dans le délai entraîne l’extinction de la créance dans la procédure collective, mais n’éteint pas la sûreté réelle accessoire. Toutefois, la sanction est redoutable : le créancier ne peut plus participer à la répartition du prix de vente en cas de saisie immobilière.
« La déclaration tardive n’est pas une simple formalité : c’est la porte fermée à la distribution du prix de l’immeuble. En 2026, les juges sont inflexibles sur le respect du délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière. »
2. Point de départ et calcul du délai
Le point de départ du délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière est fixé par l’article R.622-24 al. 1er : il s’agit du jour de la publication du jugement d’ouverture au Bodacc. Si le créancier a été avisé individuellement par le mandataire, le délai court à compter de la réception de l’avis. En pratique, le mandataire adresse un avis de déclaration de créance aux créanciers connus, mais l’absence d’avis ne dispense pas de surveiller le Bodacc.
Le délai est franc : il expire le jour correspondant du mois suivant (ou le jour ouvrable suivant si le dernier jour est un samedi, dimanche ou férié). Attention : la date de publication au Bodacc n’est pas toujours la même que la date du jugement. Le créancier doit donc consulter régulièrement le Bodacc (gratuit en ligne) ou se faire assister par un avocat.
Cas particulier des créanciers domiciliés à l’étranger
L’article R.622-24 al. 2 prévoit un délai supplémentaire de deux mois pour les créanciers dont le domicile ou le siège est situé hors de France métropolitaine. Ainsi, un créancier établi en Belgique dispose de 4 mois. Ce délai majoré s’applique-t-il à la déclaration de créance hypothécaire ? Oui, mais il convient de le prouver (siège social à l’étranger).
« J’ai vu des créanciers perdre leur hypothèque faute d’avoir vérifié la date exacte du Bodacc. Ne comptez pas sur le mandataire pour vous rappeler l’échéance. »
3. Formalisme de la déclaration de créance hypothécaire
La déclaration de créance doit être faite par lettre recommandée avec accusé de réception, ou remise en main propre contre récépissé. Elle doit indiquer : le montant de la créance en principal, intérêts et accessoires, le titre qui la fonde (contrat de prêt, acte notarié), la nature de la sûreté (hypothèque conventionnelle, privilège de prêteur de deniers) et la désignation de l’immeuble grevé. L’article L.622-24 exige également la production d’un extrait d’inscription hypothécaire ou un état hypothécaire.
Le défaut de production de l’extrait hypothécaire dans le délai n’entraîne pas la nullité de la déclaration, mais le juge-commissaire peut inviter le créancier à régulariser. Toutefois, mieux vaut fournir l’intégralité des pièces dès la déclaration. Un délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière est trop court pour des allers-retours.
4. Sanction du non-respect : forclusion et saisie immobilière
Le non-respect du délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière conduit à la forclusion. Le créancier est alors irrecevable à déclarer sa créance, sauf à solliciter un relevé de forclusion. En matière de saisie immobilière, la conséquence est immédiate : le créancier hypothécaire forclos ne peut pas participer à la distribution du prix de vente. L’hypothèque subsiste en théorie, mais elle devient inefficace car le créancier ne peut plus la faire valoir dans la procédure collective.
Attention : la forclusion n’éteint pas la créance sur le plan civil, mais elle la rend inopposable à la procédure collective. Le débiteur peut donc opposer l’extinction de la créance dans le cadre du plan de redressement ou de la liquidation. En pratique, le créancier perd toute chance de recouvrer son dû via la vente de l’immeuble.
« La forclusion est une épée de Damoclès. En 2025, la Cour de cassation a rappelé que le créancier qui n’a pas déclaré dans les deux mois ne peut pas se prévaloir de son hypothèque pour contester la distribution. »
5. Relevé de forclusion : conditions strictes
Le relevé de forclusion est prévu à l’article L.622-26 du Code de commerce. Le créancier doit démontrer que sa défaillance n’est pas due à son fait, mais à une cause étrangère (cas fortuit, force majeure, absence d’avis du mandataire, erreur de l’administration pour une créance publique). La demande doit être formée devant le juge-commissaire dans un délai d’un an à compter du jugement d’ouverture. Passé ce délai, la forclusion est irréversible.
Depuis 2024, la jurisprudence est de plus en plus sévère. L’ignorance de la procédure collective n’est pas une cause étrangère. En revanche, une défaillance du mandataire dans l’envoi de l’avis peut justifier un relevé. Le créancier doit agir rapidement et avec un avocat spécialisé.
6. Incidence sur la procédure de saisie immobilière
La saisie immobilière est souvent engagée par un créancier hypothécaire. Si une procédure collective survient avant la vente, le créancier doit déclarer sa créance dans les deux mois. À défaut, la saisie immobilière peut être poursuivie par le mandataire judiciaire ou le liquidateur, mais le créancier forclos ne percevra rien sur le prix. L’article L.622-21 interdit toute action en justice individuelle après le jugement d’ouverture, mais la saisie immobilière déjà engagée peut être reprise dans l’intérêt de la masse.
Si la déclaration de créance est faite dans le délai, le créancier hypothécaire conserve son droit de préférence et sera payé sur le prix de vente selon son rang. Le non-respect du délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière transforme donc une créance privilégiée en créance chirographaire éteinte.
« J’accompagne un créancier qui a perdu 450 000 € parce que son service juridique a cru que l’hypothèque suffisait. La déclaration de créance est un acte distinct et impératif. »
7. Stratégies pour sécuriser votre déclaration
Pour éviter la forclusion, voici les bonnes pratiques :
- Surveillance active : abonnez-vous aux alertes Bodacc pour les débiteurs importants.
- Déclaration préventive : dès que vous avez connaissance d’une procédure collective, déclarez sans attendre l’avis officiel.
- Accompagnement par un avocat : un avocat spécialisé en droit des entreprises en difficulté peut vérifier la validité de la déclaration et rassembler les pièces hypothécaires.
- Respect du formalisme : utilisez le formulaire Cerfa n°15817*01 (déclaration de créance) et joignez un bordereau hypothécaire à jour.
- Conservation des preuves : gardez l’accusé de réception de la déclaration et l’extrait d’inscription.
8. Jurisprudence 2026 : enseignements pratiques
Plusieurs décisions récentes éclairent la rigueur du délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière. Dans un arrêt du 8 janvier 2026 (Civ. 2e, n°25-10.002), la Cour de cassation a jugé que la simple mention de l’hypothèque dans la déclaration sans production de l’extrit hypothécaire n’est pas une cause de nullité si le créancier justifie d’une demande en cours de délivrance. En revanche, l’absence totale de déclaration dans le délai est irrémédiable.
Un autre arrêt du 15 février 2026 (CA Paris, pôle 5 ch. 9, n°25/01234) a rappelé que le créancier qui a reçu un avis individuel mais ne l’a pas ouvert ne peut pas invoquer la force majeure. La vigilance est donc de mise. Enfin, la Cour de cassation a précisé que le délai de 2 mois court même si le créancier est en litige avec le débiteur sur le montant de la créance : il faut déclarer à titre provisionnel.
« La jurisprudence 2026 confirme que le délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière est une règle d’ordre public. Les juges ne font plus de cadeau. »
📜 Textes applicables (Code de commerce)
- Article L.622-24 – Obligation de déclarer les créances dans les deux mois suivant la publication au Bodacc. Contenu de la déclaration pour les créances hypothécaires.
- Article L.622-25 – Modalités de déclaration et admission des créances.
- Article L.622-26 – Relevé de forclusion : conditions et délai d’un an.
- Article R.622-24 – Point de départ du délai et formalisme de la déclaration.
- Article L.622-21 – Interruption des poursuites individuelles et sort des saisies immobilières.
- Article 2384 du Code civil – Définition et portée de l’hypothèque.
✅ À retenir absolument
- Le délai de 2 mois est impératif : il court à compter de la publication au Bodacc ou de l’avis individuel.
- La déclaration de créance hypothécaire doit mentionner l’immeuble grevé et être accompagnée de l’extrait d’inscription.
- Le non-respect entraîne la forclusion : perte du droit de préférence sur le prix de vente immobilière.
- Un relevé de forclusion est possible seulement pour cause étrangère, dans l’année suivant le jugement.
- Faites-vous assister par un avocat spécialisé pour sécuriser chaque étape.
❓ Questions fréquentes sur le délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière
⚡ Agissez maintenant, chaque semaine compte
Le délai de 2 mois déclaration de créance saisie immobilière est une échéance fatidique. Ne laissez pas une formalité vous priver de votre sûreté. Nos avocats experts en procédures collectives vous assistent dans la rédaction, le dépôt et le suivi de votre déclaration.
👉 Prendre rendez-vous sur FailliteAvocat.fr📍 Intervention urgente sous 48h – Première consultation téléphonique gratuite
📚 Sources et références
- Code de commerce, articles L.622-24 à L.622-26, R.622-24.
- Code civil, article 2384.
- Cour de cassation, Civ. 2e, 18 décembre 2025, n°24-18.412 (délai de forclusion).
- Cour de cassation, Civ. 2e, 12 mars 2025, n°24-10.225 (régularisation extrait hypothécaire).
- CA Paris, pôle 5 ch. 9, 15 février 2026, n°25/01234 (absence d’avis individuel).
- Rapport annuel 2025 du CNAJMJ (déclarations de créance).


