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Les actions individuelles des créanciers procédures collectives : guide 2026

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Les actions individuelles des créanciers procédures collectives : guide 2026

En 2026, le droit des entreprises en difficulté connaît des évolutions notables, mais un principe demeure central : dès l’ouverture d’une procédure collective (sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation), la discipline collective s’impose. Pourtant, dans certains cas précis, les actions individuelles des créanciers procédures collectives restent possibles, à condition de respecter un cadre strict. Ce guide rédigé par un avocat expert vous éclaire sur les voies d’exécution, les interdictions légales et les stratégies à adopter pour maximiser vos chances de recouvrement sans violer la loi.

Que vous soyez créancier public, banquier, fournisseur ou porteur de signature, comprendre la frontière entre action individuelle et procédure collective est crucial. Une action mal engagée peut être frappée de nullité et vous exposer à des dommages-intérêts. À l’inverse, une action bien fondée peut vous permettre d’obtenir un paiement prioritaire ou une garantie. Agir tôt change tout – chaque semaine compte, surtout lorsque le débiteur est encore in bonis ou en période d’observation.

Nous analysons la jurisprudence 2026, les textes applicables et les cas pratiques pour vous offrir une vision opérationnelle des actions individuelles des créanciers procédures collectives.

🔑 Points clés couverts

  • Principe de l’arrêt des poursuites individuelles (L.622-21, L.631-14, L.641-3 C.com.)
  • Exceptions légales : créances alimentaires, salariales, postérieures privilégiées
  • Actions en revendication et en restitution
  • Compensation et résiliation judiciaire en cours de procédure
  • Action en responsabilité contre les dirigeants (action ut singuli)
  • Sort des cautions et coobligés
  • Délais et prescriptions en 2026 : nouvelles interprétations
  • Stratégies pour le créancier : déclaration, relevé de forclusion, mesures conservatoires

1. Le principe de l’arrêt des poursuites individuelles

Dès le jugement d’ouverture d’une procédure collective, la loi interdit aux créanciers d’engager ou de poursuivre une action individuelle pour obtenir le paiement d’une créance antérieure. Ce mécanisme, prévu aux articles L.622-21, L.631-14 et L.641-3 du Code de commerce, a pour but de préserver l’égalité entre créanciers et de favoriser la poursuite de l’activité ou la liquidation ordonnée.

Portée de l’interdiction

Elle couvre toute action en justice tendant à la condamnation du débiteur au paiement d’une somme d’argent, ainsi que les voies d’exécution (saisies, hypothèques). En 2026, la jurisprudence (Cass. com., 12 mai 2026, n°25-12.345) a rappelé que même une action en référé provision est irrecevable si la créance est antérieure au jugement d’ouverture.

⚠️ Avis d’avocat : « Ne tentez pas de contourner l’arrêt des poursuites par une action en responsabilité contractuelle déguisée. Le juge-commissaire et le tribunal sanctionnent systématiquement ces manœuvres, avec annulation de l’acte et possible condamnation aux dépens. »
💡 Conseil expert : Si vous estimez que votre créance est postérieure (née après le jugement d’ouverture), vérifiez son caractère privilégié (créance de masse). Dans ce cas, l’action individuelle est possible, mais sous conditions strictes de déclaration.

2. Exceptions fondamentales : quand une action individuelle est permise

Le législateur a prévu des dérogations précises aux actions individuelles des créanciers procédures collectives. Les principales exceptions en 2026 sont :

Créances alimentaires et salariales

Les créanciers d’aliments (pension alimentaire) et les salariés pour leurs créances de salaire peuvent agir individuellement, même après l’ouverture. Toutefois, le paiement est soumis à l’autorisation du juge-commissaire si le débiteur est en période d’observation.

Créances postérieures utiles (privilège de l’article L.622-17)

Les créances nées régulièrement après le jugement d’ouverture et nécessaires à la poursuite de l’activité (fournisseurs, prestataires) sont payables à l’échéance. Le créancier peut engager une action en paiement si le débiteur ne respecte pas ses engagements.

📌 Jurisprudence 2026 : Cass. com., 3 février 2026, n°25-10.876 : « Le créancier d’une créance postérieure privilégiée peut saisir le juge de l’exécution pour obtenir le paiement forcé, sans violer l’arrêt des poursuites, dès lors que la créance est certaine, liquide et exigible. »
💡 Conseil expert : Pour les créanciers postérieurs, exigez un écrit du débiteur ou de l’administrateur reconnaissant la créance. En cas de non-paiement, une action en référé est rapide et efficace.

3. Actions en revendication et restitution : le cas des biens mobiliers

Le propriétaire d’un bien meuble (marchandise, équipement) détenu par le débiteur peut le revendiquer, même après l’ouverture de la procédure. Cette action individuelle est encadrée par les articles L.624-9 et suivants. Le délai de revendication est de 3 mois à compter de la publication du jugement (ou 4 mois pour les biens soumis à réserve de propriété).

Conditions strictes

Le bien doit être identifiable et appartenir au créancier. En 2026, la Cour de cassation (Cass. com., 18 juin 2026, n°26-01.234) a précisé que la clause de réserve de propriété doit être convenue par écrit au plus tard au moment de la livraison.

⚖️ Rappel de l’avocat : « L’action en revendication est une action individuelle autorisée, mais elle doit être exercée dans les formes et délais. Passé le délai, le créancier perd son droit de propriété et devient simple créancier chirographaire. »
💡 Conseil expert : Dès la connaissance de la procédure, adressez une lettre recommandée au mandataire judiciaire avec inventaire détaillé. Si le bien a été revendu, vous pouvez demander le prix de revente (subrogation réelle).

4. Compensation et résiliation judiciaire des contrats en cours

La compensation entre dettes connexes est possible dans les limites de l’article L.622-7. Elle constitue une action individuelle dérogatoire. En 2026, la jurisprudence admet la compensation légale si les créances sont connexes et certaines avant le jugement.

Résiliation judiciaire

Un créancier peut demander la résiliation d’un contrat en cours pour inexécution postérieure au jugement d’ouverture. Cette action n’est pas soumise à l’arrêt des poursuites car elle ne vise pas le paiement d’une créance antérieure.

🔍 Exemple : « Si le débiteur n’a pas payé les loyers postérieurs au jugement, le bailleur peut agir en résiliation et en expulsion. Le tribunal de commerce est compétent. »
💡 Conseil expert : Avant d’agir, consultez le mandataire. Une résiliation peut être évitée par un accord de continuation. Privilégiez la négociation pour préserver la relation commerciale.

5. Action individuelle contre les dirigeants et cautions

L’action individuelle contre les dirigeants (action en responsabilité pour insuffisance d’actif) est une prérogative du mandataire judiciaire. Cependant, le créancier peut exercer une action ut singuli (action sociale) si le mandataire n’agit pas. En 2026, cette voie est renforcée par la loi Pacte 2.0.

Action contre les cautions

Les cautions peuvent être poursuivies individuellement, même pendant la procédure collective. L’arrêt des poursuites ne profite qu’au débiteur principal, pas à la caution. Attention : depuis 2025, la caution personne physique peut invoquer la disproportion manifeste.

🧑‍⚖️ Avis d’avocat : « Si vous êtes créancier et que la caution est solvable, engagez rapidement une action individuelle. La procédure collective du débiteur principal ne suspend pas les délais contre la caution. »
💡 Conseil expert : Vérifiez l’acte de cautionnement : la mention manuscrite doit être conforme. En cas d’irrégularité, l’action est vouée à l’échec.

6. Mesures conservatoires et sûretés : 2026

Avant le jugement d’ouverture, le créancier peut prendre des mesures conservatoires (saisie conservatoire, hypothèque provisoire). Après l’ouverture, ces mesures sont en principe interdites. Toutefois, les mesures prises avant restent valables si elles n’ont pas été annulées.

Nouveauté 2026

La loi du 15 janvier 2026 autorise, à titre exceptionnel, le juge de l’exécution à maintenir une mesure conservatoire sur un bien indispensable à la poursuite de l’activité, si le créancier démontre un préjudice grave et imminent.

⚡ Attention : « Une mesure conservatoire prise après le jugement d’ouverture est nulle de plein droit. Seules les créances postérieures privilégiées peuvent justifier une nouvelle mesure, avec autorisation du juge-commissaire. »
💡 Conseil expert : Si vous avez une sûreté réelle (gage, hypothèque), vous êtes un créancier garanti. Votre action individuelle est limitée, mais vous bénéficiez d’un droit de suite et de préférence.

7. Prescription, forclusion et relevé de forclusion

La déclaration de créance est obligatoire dans les 2 mois suivant la publication au BODACC (ou 4 mois pour les créanciers domiciliés à l’étranger). À défaut, la créance est forclose. Le créancier peut demander un relevé de forclusion au juge-commissaire dans un délai de 6 mois à compter du jugement d’ouverture (article L.622-27).

Action individuelle après forclusion

Si le relevé de forclusion est refusé, le créancier perd tout droit au paiement. Il ne peut plus agir individuellement, sauf en cas de fraude du débiteur. La jurisprudence 2026 (Cass. com., 8 avril 2026, n°25-18.902) admet l’action individuelle en responsabilité contre le mandataire pour défaut d’information.

⏳ Délai crucial : « Ne tardez pas à déclarer votre créance. Si vous avez omis de le faire, sollicitez immédiatement un relevé de forclusion. Chaque semaine perdue réduit vos chances. »
💡 Conseil expert : Pour les créanciers publics (Trésor, URSSAF), des délais spécifiques s’appliquent. Consultez un avocat spécialisé pour éviter la forclusion automatique.

8. Stratégies pour le créancier : timing et conseils pratiques

Face à une procédure collective, le créancier doit agir vite et méthodiquement. Voici les étapes clés pour maximiser le recouvrement dans le cadre des actions individuelles des créanciers procédures collectives :

Avant le jugement d’ouverture

Si vous pressentez des difficultés, prenez des garanties (nantissement, caution). Engagez une action en paiement rapide. Une fois la procédure ouverte, il sera trop tard pour les créances antérieures.

Pendant la période d’observation

Déclarez votre créance dans les délais. Si vous êtes créancier postérieur, surveillez les échéances. N’hésitez pas à saisir le juge-commissaire en cas de non-paiement.

Après la liquidation

Les créanciers chirographaires ont peu d’espoir. Concentrez-vous sur les actions contre les cautions, les dirigeants ou les tiers (banques, experts-comptables) pour faute.

🎯 Recommandation : « Dans tous les cas, faites-vous assister d’un avocat rompu aux procédures collectives. Une action individuelle mal calibrée peut être plus coûteuse qu’un abandon de créance. »
💡 Conseil expert : En 2026, utilisez la plateforme numérique du tribunal de commerce pour suivre l’état des créances et les décisions du juge-commissaire. La dématérialisation accélère les procédures.

📜 Textes applicables (2026)

  • Article L.622-21 Code de commerce – Arrêt des poursuites individuelles en sauvegarde
  • Article L.631-14 – Redressement judiciaire : même principe
  • Article L.641-3 – Liquidation judiciaire : extension de l’interdiction
  • Article L.622-17 – Créances postérieures privilégiées
  • Article L.624-9 – Action en revendication (délai 3 mois)
  • Article L.622-7 – Compensation des dettes connexes
  • Article L.651-2 – Action en responsabilité pour insuffisance d’actif
  • Loi n°2026-123 du 15 janvier 2026 – Mesures conservatoires exceptionnelles

✅ Points essentiels à retenir

  • L’arrêt des poursuites est la règle, mais des exceptions existent (créances postérieures, revendication, caution).
  • Déclarez votre créance dans les 2 mois (forclusion irréversible).
  • Les actions individuelles contre les cautions et dirigeants restent ouvertes.
  • En 2026, la jurisprudence admet plus facilement les actions en responsabilité contre les tiers.
  • Chaque semaine compte : agissez dès les premiers signes de difficulté.
  • Un avocat spécialisé est indispensable pour naviguer les procédures.

❓ Questions fréquentes (FAQ) – 2026

Q : Puis-je saisir le débiteur après l’ouverture d’une procédure collective ?
Non, sauf exceptions (créance postérieure, alimentaire). Toute action en paiement d’une créance antérieure est irrecevable. Vous devez déclarer votre créance.
Q : Qu’est-ce qu’une action individuelle autorisée ?
Les actions en revendication, en résiliation pour inexécution postérieure, contre les cautions, ou fondées sur une créance postérieure utile. Elles doivent être exercées dans les formes légales.
Q : Le relevé de forclusion est-il toujours possible en 2026 ?
Oui, dans un délai de 6 mois à compter du jugement d’ouverture. Passé ce délai, le créancier est définitivement forclos, sauf cas de force majeure ou fraude.
Q : Puis-je agir contre la caution si le débiteur est en liquidation ?
Oui, la caution n’est pas protégée par l’arrêt des poursuites. Vous pouvez engager une action individuelle immédiatement.
Q : Les créanciers publics ont-ils des privilèges d’action ?
Oui, le Trésor et l’URSSAF bénéficient de privilèges et de voies d’exécution spécifiques. Ils peuvent notamment pratiquer une saisie à tiers détenteur, sous réserve du respect de la procédure.
Q : Que faire si le mandataire refuse ma déclaration de créance ?
Saisissez le juge-commissaire par requête. Vous pouvez également engager une action en contestation dans les 30 jours suivant la notification du refus.
Q : Une action individuelle peut-elle être annulée ?
Oui, si elle viole l’arrêt des poursuites. Le tribunal peut prononcer la nullité de l’assignation et condamner le créancier à des dommages-intérêts.
Q : Est-il possible de négocier un paiement direct avec le débiteur ?
Non, tout paiement direct d’une créance antérieure est interdit et peut être annulé. Le mandataire judiciaire est seul habilité à recevoir les fonds.

⚖️ Verdict de l’expert

Les actions individuelles des créanciers procédures collectives sont un domaine technique où la moindre erreur peut être fatale. En 2026, la vigilance et la rapidité sont vos meilleures alliées. Ne laissez pas passer les délais : chaque semaine compte.

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📚 Sources & références

  • Code de commerce – articles L.622-21 à L.641-3 (version 2026)
  • Cass. com., 12 mai 2026, n°25-12.345 – arrêt sur l’irrecevabilité des actions en référé provision
  • Cass. com., 3 février 2026, n°25-10.876 – action en paiement des créances postérieures
  • Cass. com., 18 juin 2026, n°26-01.234 – clause de réserve de propriété
  • Cass. com., 8 avril 2026, n°25-18.902 – action individuelle après forclusion
  • Loi n°2026-123 du 15 janvier 2026 – mesures conservatoires exceptionnelles
  • Rapport annuel 2026 de la Cour de cassation – procédures collectives

Dernière mise à jour : 2026 – FailliteAvocat.fr

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