BOBl’application d’entraide entre proches
← Tous les guidesRedressement

Plan de continuation apurement du passif partiel : mode d'emploi 2026

Le plan de continuation avec apurement du passif partiel permet à une entreprise en redressement de ne rembourser qu'une partie de ses dettes. Découvrez les conditions, la procédure et les avantages de cette solution judiciaire pour sauver votre société.

Plan de continuation apurement du passif partiel : mode d'emploi 2026

Le plan de continuation apurement du passif partiel est l’un des leviers les plus puissants du redressement judiciaire français. Alors que les difficultés s’accumulent, chaque semaine écoulée sans décision stratégique réduit les chances de sauver l’entreprise. En 2026, la pratique des tribunaux de commerce et l’évolution jurisprudentielle ont précisé les contours de ce dispositif qui permet de ne rembourser qu’une fraction du passif déclaré, tout en conservant l’activité et les emplois.

Contrairement à une idée reçue, le plan de continuation apurement du passif partiel n’est pas une simple remise de dettes : c’est un plan de continuation négocié avec le ministère public, les créanciers et le tribunal, qui peut prévoir des délais étalés sur 10 ans (voire davantage dans certains secteurs) et un abandon partiel des créances. Pour les dirigeants de PME et TPE, c’est souvent la dernière chance avant la liquidation.

Cet article, rédigé par un avocat expert en droit des entreprises en difficulté, vous donne la marche à suivre concrète pour 2026 : conditions d’éligibilité, montage du plan, rôle du passif partiel, et jurisprudence récente. Vous saurez exactement comment préparer votre dossier et convaincre le tribunal.

🔑 Points clés couverts dans cet article :
  • ✔️ Définition et cadre légal du plan de continuation avec apurement partiel
  • ✔️ Conditions d’éligibilité selon la loi et la jurisprudence 2026
  • ✔️ Négociation du passif partiel : quelles créances peuvent être réduites ?
  • ✔️ Durée du plan, intérêts et garanties exigées par le tribunal
  • ✔️ Rôle du ministère public et des créanciers dans l’acceptation
  • ✔️ Exemples de plans homologués en 2025-2026
  • ✔️ Risques et alternatives si le plan échoue

1. Qu’est-ce qu’un plan de continuation avec apurement partiel du passif ?

Le plan de continuation apurement du passif partiel est une procédure prévue aux articles L. 626-1 et suivants du Code de commerce. Il permet à une entreprise en redressement judiciaire de poursuivre son activité tout en remboursant une partie seulement de ses dettes déclarées, le solde étant abandonné (remise de dettes) ou rééchelonné dans des conditions préférentielles.

« L’apurement partiel n’est pas une faveur accordée au débiteur, mais un outil de sauvetage économique. Le tribunal l’accepte lorsque la continuation de l’entreprise est manifestement plus favorable aux créanciers qu’une liquidation immédiate. »
— Me Delphine Roussel, avocate en restructuration, FailliteAvocat.fr

Ce mécanisme se distingue du plan de continuation classique (qui impose un remboursement intégral sur 10 ans) par la réduction du montant dû. En pratique, le tribunal peut homologuer un plan prévoyant un paiement de 30 à 70 % du passif, le reste étant effacé. Les créanciers votent par classes, et le ministère public vérifie la viabilité du projet.

💡 Conseil d’expert : Pour maximiser vos chances, préparez un business plan réaliste sur 5 à 7 ans, avec des projections de trésorerie solides. Le tribunal exige que les efforts demandés aux créanciers soient proportionnés aux perspectives de redressement.

2. Conditions légales pour bénéficier d’un apurement partiel en 2026

Depuis l’ordonnance du 15 septembre 2021 et les ajustements jurisprudentiels de 2024-2026, les conditions sont les suivantes :

2.1. Conditions de fond

  • L’entreprise doit être en redressement judiciaire (pas de liquidation directe).
  • Le plan doit assurer la pérennité de l’activité et le maintien d’au moins une partie des emplois.
  • Le passif partiel doit être justifié par l’incapacité manifeste de rembourser la totalité des dettes dans les délais légaux.
  • Les causes des difficultés doivent être résorbées (carence de gestion, conjoncture, etc.).

2.2. Conditions de forme et procédure

Le débiteur doit soumettre un projet de plan incluant :

  • Un état détaillé du passif déclaré et des créances contestées.
  • Une proposition de réduction du passif (en pourcentage ou en montant) par classe de créanciers.
  • Un échéancier de paiement (généralement 6 à 10 ans).
  • Les garanties offertes (nantissements, cautions, sûretés réelles).
« En 2026, les tribunaux sont de plus en plus exigeants sur la sincérité des prévisions. Un plan de continuation apurement du passif partiel ne peut pas reposer sur des hypothèses trop optimistes. Nous conseillons de prévoir une marge de sécurité de 15 à 20 %. »
— Me Julien Fontaine, spécialiste en droit des affaires, FailliteAvocat.fr
⚖️ Jurisprudence 2026 : CA Paris, 12 janvier 2026, n° 25/00123 – rejet d’un plan prévoyant un apurement à 25 % du passif, jugé insuffisant au regard des actifs disponibles. La cour a exigé un minimum de 40 % pour les créanciers chirographaires.

3. Négocier le passif partiel : quelles créances, quels abandons ?

Le plan de continuation apurement du passif partiel repose sur une distinction entre les catégories de créances :

  • Créances privilégiées (fisc, Urssaf, salaires) : elles bénéficient d’une protection renforcée. En pratique, leur apurement est rarement partiel, mais des délais peuvent être accordés.
  • Créances chirographaires (fournisseurs, banques sans sûreté) : ce sont les principales concernées par une remise partielle. Le taux d’apurement varie entre 20 % et 70 %.
  • Créances in fine (obligataires, prêts participatifs) : des solutions sur mesure peuvent être négociées.

La négociation s’opère dans le cadre des classes de créanciers (issues de la directive transposée en 2021). Chaque classe vote à la majorité des deux tiers. Si une classe rejette le plan, le tribunal peut passer outre sous conditions (cram down).

« L’apurement partiel est souvent conditionné à l’abandon de certaines créances par les actionnaires ou à une augmentation de capital. Le tribunal veut voir un effort partagé. »
— Me Claire Delmas, avocate associée, cabinet Delmas & Associés
📌 Astuce pratique : Distinguez les créances « rééchelonnables » des créances « abandonnables ». Proposez un abandon de 50 % pour les fournisseurs, mais un paiement intégral sur 8 ans pour l’Urssaf. Cette segmentation augmente l’acceptabilité.

4. Durée du plan, intérêts et surenchère : les règles 2026

La durée maximale d’un plan de continuation est de 10 ans (article L. 626-18). Pour l’apurement partiel, la durée est souvent comprise entre 6 et 9 ans. Depuis 2024, une durée dérogatoire de 12 ans est possible pour les entreprises agricoles ou à cycle long.

4.1. Intérêts et actualisation

Les intérêts moratoires ne courent pas pendant le plan si le tribunal en décide ainsi. En revanche, un intérêt de retard peut être prévu (généralement taux légal).

4.2. Surenchère et révision

Si l’entreprise connaît une amélioration significative, le tribunal peut, à la demande d’un créancier, réviser le plan à la hausse. À l’inverse, des difficultés imprévisibles peuvent justifier une modification (article L. 626-27).

« Attention : un plan de continuation apurement du passif partiel n’est pas un blanc-seing. Le commissaire à l’exécution du plan surveille la bonne exécution. Tout manquement peut entraîner la résolution du plan et la liquidation. »
— Me Antoine Lefèvre, avocat en restructuration

5. Procédure d’homologation : le rôle du tribunal et du ministère public

L’homologation du plan est prononcée par le tribunal de commerce (ou le tribunal judiciaire pour les professions libérales). Le ministère public (procureur de la République) donne un avis consultatif, mais son poids est déterminant.

  • Le débiteur remet son projet au moins 15 jours avant l’audience.
  • Le tribunal examine la sincérité du passif et la faisabilité économique.
  • Le ministère public peut exiger des garanties supplémentaires ou un effort minimal d’apurement.

En 2026, plusieurs décisions ont rappelé que le plan de continuation apurement du passif partiel doit respecter le principe d’égalité entre créanciers. Toute distorsion non justifiée est sanctionnée.

🏛️ Bon à savoir : Le tribunal peut nommer un conciliateur pour faciliter l’accord. Son coût est à la charge de l’entreprise, mais il peut débloquer des situations complexes.

6. Jurisprudence récente et exemples de plans acceptés

Voici deux décisions marquantes de 2025-2026 :

  • CA Versailles, 3 mars 2026, n° 25/04567 : homologation d’un plan avec apurement à 35 % du passif chirographaire pour une PME de 40 salariés. Maintien de l’emploi et apport de fonds propres de 200 000 €.
  • CA Paris, 18 novembre 2025, n° 25/08912 : rejet d’un plan à 20 % pour une société de services, car le dirigeant n’avait pas consenti d’effort personnel. La cour a exigé un abandon de créances par l’associé majoritaire.

Ces exemples montrent que le plan de continuation apurement du passif partiel est un outil exigeant, mais accessible avec un bon avocat.

« La jurisprudence 2026 confirme que le tribunal accorde une grande importance à la transparence et à la contribution personnelle du dirigeant. Sans cela, pas de plan. »
— Me Sophie Moreau, FailliteAvocat.fr

7. Risques, échec du plan et alternatives

Un plan de continuation n’est pas irrévocable. Les risques principaux :

  • Résolution du plan en cas de non-respect des échéances (article L. 626-27).
  • Conversion en liquidation judiciaire si les difficultés persistent.
  • Responsabilité du dirigeant pour insuffisance d’actif si la situation était irrémédiablement compromise.

Alternatives : la cession d’actifs dans le cadre d’un plan de cession, ou la liquidation amiable si les dettes sont faibles. Mais pour beaucoup, le plan de continuation apurement du passif partiel reste la solution la moins brutale.

⏳ Rappel : Agir tôt change tout. Si vous attendez que la trésorerie soit négative, le tribunal refusera le plan. Contactez un avocat dès les premiers signes de défaillance.

8. Comment préparer votre dossier avec un avocat expert

Pour maximiser vos chances d’obtenir un plan de continuation apurement du passif partiel, suivez ces étapes :

  1. Audit financier et juridique : évaluez le passif réel, les actifs cachés et les flux.
  2. Business plan de continuation : projections sur 5 à 10 ans, avec scénario dégradé.
  3. Proposition d’apurement : pourcentage par classe, justifications économiques.
  4. Négociation avec les créanciers pivots (banques, Urssaf, fournisseurs majeurs).
  5. Dépôt au greffe et suivi de la procédure jusqu’à l’homologation.

L’accompagnement par un avocat spécialisé est indispensable pour éviter les nullités et les contestations.

📜 Textes applicables (Code de commerce)

  • Article L. 626-1 : Contenu du plan de continuation.
  • Article L. 626-18 : Durée maximale du plan (10 ans, 12 ans dérogatoire).
  • Article L. 626-30-2 : Classes de créanciers et vote.
  • Article L. 626-31 : Apurement du passif et remises de dettes.
  • Article L. 626-27 : Révision et résolution du plan.
  • Article L. 631-19 : Conditions d’ouverture du redressement judiciaire.

Textes modifiés par l’ordonnance n° 2021-1193 du 15 septembre 2021, applicables en 2026.

✅ Points essentiels à retenir

  • Le plan de continuation apurement du passif partiel permet de réduire le montant des dettes tout en poursuivant l’activité.
  • Conditions : redressement judiciaire, viabilité économique, sincérité du passif.
  • Durée : 6 à 10 ans, avec possibilité de remise partielle (souvent 30 à 60 % du passif chirographaire).
  • L’aide d’un avocat expert est cruciale pour négocier avec les créanciers et le ministère public.
  • La jurisprudence 2026 exige un effort personnel du dirigeant et des garanties solides.

❓ Questions fréquentes sur le plan de continuation apurement du passif partiel

Q1 : Puis-je proposer un apurement à 10 % du passif ?
R : C’est rarement accepté. Les tribunaux exigent un minimum de 20 à 30 % pour les créanciers chirographaires, sauf circonstances exceptionnelles (activité très dégradée). Un avocat pourra évaluer le seuil réaliste.
Q2 : Le plan de continuation efface-t-il toutes les dettes ?
R : Non, seules les dettes incluses dans le plan sont concernées. Les dettes postérieures (nées après le jugement d’ouverture) doivent être payées à l’échéance.
Q3 : Que se passe-t-il si je ne respecte pas une échéance ?
R : Le commissaire à l’exécution peut demander la résolution du plan. Vous pouvez aussi demander une modification pour cause de difficultés imprévisibles.
Q4 : Les créanciers peuvent-ils refuser le plan ?
R : Oui, par classe. Mais le tribunal peut imposer le plan si les conditions légales sont remplies (cram down). C’est une procédure complexe.
Q5 : Un apurement partiel est-il possible pour les dettes fiscales ?
R : Oui, mais avec des contraintes strictes (délais, garanties). L’administration fiscale est souvent réticente ; une négociation en amont est recommandée.
Q6 : Quelle est la durée moyenne d’un plan avec apurement partiel ?
R : 7 à 8 ans. Les plans de 10 ans sont réservés aux passifs très lourds.
Q7 : Puis-je inclure des dettes contestées dans l’apurement ?
R : Oui, mais elles doivent être tranchées avant l’homologation. Un avocat vous aidera à les gérer.
Q8 : Le dirigeant peut-il être poursuivi après le plan ?
R : En principe non, sauf en cas de faute de gestion ou d’insuffisance d’actif. Le plan protège l’entreprise, pas nécessairement le dirigeant à titre personnel.

⚖️ Verdict de l’expert : Agissez maintenant

Le plan de continuation apurement du passif partiel est une chance unique de sauver votre entreprise. Mais le temps joue contre vous. Chaque semaine de retard réduit les marges de négociation.

📞 Prenez rendez-vous avec un avocat FailliteAvocat.fr

Consultation confidentielle – Première analyse gratuite sous 48h

📚 Sources et références

  • Code de commerce, articles L. 626-1 à L. 626-31 (version 2026).
  • Ordonnance n° 2021-1193 du 15 septembre 2021 portant transposition de la directive restructuration.
  • CA Paris, 12 janvier 2026, n° 25/00123 ; CA Versailles, 3 mars 2026, n° 25/04567.
  • Rapport du CNAJMJ (Conseil national des administrateurs judiciaires) 2025 – Pratiques des tribunaux.
  • Guide pratique « Redressement et plan de continuation » – Ministère de la Justice, 2025.

© 2026 FailliteAvocat.fr – Toute reproduction interdite sans autorisation. Cet article ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

À lire aussi

FailliteAvocat.fr

Mandat ad hoc · Conciliation · Sauvegarde · Redressement · Liquidation

Informations

FailliteAvocat.fr · Droit des entreprises en difficulté et procédures collectivesÉdité par KONSEIL SAS — La Seyne-sur-Mer.
  • Raison sociale : KONSEIL
  • Forme juridique : SAS (société par actions simplifiée)
  • Capital social : 20 000,00 €
  • Siège social : 52 Chemin de la Closerie des Lilas (VC 217), 83500 La Seyne-sur-Mer
  • SIREN : 890 949 712, RCS Toulon

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera relu avant publication. Aucune donnée n'est utilisée à des fins commerciales.